Emission: Postface - Caroline Gutmann
Emission Littéraire présentée par Caroline Gutmann.
Elle reçoit Gilles Paris pour son nouveau livre « L'attrape mots » chez Heloise d'Ormesson. Et elle fera un coup de cœur sur le livre de Dominique Fabre « La jeunesse est un cœur qui bat » chez Arlea.
Jade, adolescente rebelle, est amoureuse de Holden, le protagoniste de L'Attrape-cœurs. Grâce à lui, elle échappe à la tragique réalité de sa vie. Mais qui est-elle vraiment : une enfant blessée, une affabulatrice ?
Plongée dans la fragilité de l'adolescence, L'Attrape-mots est un roman tendre, avec J.D. Salinger en guest star.
Le roman s'ouvre sur l'histoire de Jade, adolescente fascinée par Holden, le personnage mythique de J. D. Salinger dans L'Attrape-cœurs. Jade lit et écrit, mais uniquement des débuts de romans qu'elle n'achève jamais. Son quotidien est rythmé par son insuffisance respiratoire, la disparition de son petit frère victime d'une leucémie et la dépression de sa mère. Heureusement, elle a son meilleur ami, Noé, qui l'entraîne à travers la ville et la fait danser sous la pluie. Jade note les " mots adultes " dans un carnet et se les répète pour les apprivoiser. La littérature lui permet de s'échapper, au point d'en oublier qui elle est ?
L'histoire d'un amour fictif, à travers un roman doux et sensible sur l'adolescence et la quête de soi. Avec un ton poétique tout en délicatesse, Gilles Paris nous entraine dans un tourbillon d'émotions, et une série de récits emboités comme des poupées russes, allant du faux au vrai, du mensonge à l'apprentissage de soi.
Gilles Paris est l'auteur de sept romans, dont Autobiographie d'une Courgette -- adapté en film d'animation, qui remporte, entre autres, deux César -- A u pays des kangourous, distingué par six prix littéraires et L'Été des lucioles (Héloïse d'Ormesson, 2014). Il travaille dans l'édition depuis trente ans et dirige une agence de presse.
Un formidable livre sur la vitalité de la jeunesse avec un regard attachant sur la banlieue (93).
Sans doute est-ce d'écrire sur ces jours de classe qui me pousse la nuit à me souvenir d'eux, elles et eux sans le vouloir. Il y en a eu des centaines, peut-être des milliers. Malgré tout, il y a aussi tous ces élèves invisibles à qui on enseigne chaque année. Ils se tortillent sur leur chaise, font plus ou moins leurs devoirs, lèvent la main de temps en temps, se mettent à deux ou trois pour faire un exposé et on se rend compte qu'une d'elles tremble en tenant sa feuille.
Lire Dominique Fabre, c'est plonger dans le mouvement de la vie, et dans ce livre plus particulièrement dans le monde en ébullition de la jeunesse.
Celle, discrète, qui se terre au fond des salles de classe de collège ou de lycée en espérant ne jamais avoir à prendre la parole,
celle, révoltée, persuadée que les profs ne comprennent rien et surtout pas eux,
celle qui n'a pas le choix et gère au mieux les affaires de famille.
Tous ces jeunes gens drôles, désabusés, rêveurs ou silencieux.
Et c'est aussi le monde des enseignants, souvent malmenés, observateurs parfois désespérés, parfois émerveillés, mais pas que, et pas toujours, qui accompagnent ce déferlement de coeurs, de vitalité, de violence aussi, d'expériences et de passion.
C'est un beau et grand livre de visages entraperçus, côtoyés, aimés.
Dominique Fabre est écrivain et enseignant.