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29 Mai 2019

Vers de nouvelles élections en Israël ?

La perspective de nouvelles élections, quelques mois seulement après les dernières, se profile de plus en plus nettement en Israël, où il ne reste que quelques heures à Benjamin Netanyahu pour former une coalition gouvernementale.

Si les Israéliens devaient retourner aussi vite aux urnes après avoir élu leur Parlement le 9 avril, ce serait une première. L’avenir de Benjamin Netanyahu serait plus que jamais en question.

Israël n’en est toutefois pas encore là.

B. Netanyahu a jusqu’à minuit pour assembler une coalition gouvernementale, conformément au mandat que lui a confié le président Reuven Rivlin après les élections. Reuven Rivlin a déclaré qu’il laisserait M. Netanyahu utiliser tout le temps à sa disposition au regard de la loi. Il a dit espérer qu’Israël ne se retrouverait « pas dans la fâcheuse situation de devoir tenir de nouvelles élections ».

Mais M. Netanyahu se heurte dans les négociations à un mur en la personne de son ancien ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.

Devant l’apparente impasse, le parti de droite de M. Netanyahu, le Likoud, a initié la dissolution du Parlement (Knesset).

Les députés ont approuvé un texte en ce sens en lecture préliminaire lundi, puis en première lecture avant l’aube mardi. Une date a même été fixée provisoirement pour de nouvelles élections : le 17 septembre.

La loi devrait encore être adoptée en deuxième et troisième lectures pour que la Knesset soit dissoute. C’est réalisable d’ici à mercredi soir, mais ce n’est pas acquis.

Le vote a toutes les apparences d’une tactique pour que le maître manoeuvrier qu’est M. Netanyahu conserve la main.

Si les pourparlers menés par M. Netanyahu échouent d’ici à mercredi soir, une prolongation du délai n’est pas exclue.

Mais le président Rivlin peut aussi donner sa chance à un autre député, une hypothèse apparemment inacceptable pour M. Netanyahu.

Risque calculé, la dissolution de la Knesset couperait l’herbe sous le pied du président.

Et Benjamin Netanyahu pourrait chercher à former un gouvernement minoritaire à l’issue d’un éventuel nouveau scrutin.

Pour sortir de la crise, la liste de centre-droit du principal concurrent de M. Netanyahu aux élections d’avril, le général Benny Gantz, s’est dit prête à un gouvernement d’union avec le Likoud. Un tel gouvernement disposerait d’une confortable majorité de 70 députés sur 120.

Mais, pour le parti de M. Gantz, cela devrait être sans M. Netanyahu, éventualité semble-t-il inenvisageable pour ce dernier.

Le Likoud et ses alliés ont remporté les élections du 9 avril, déjà convoquées de manière anticipée à l’initiative de M. Netanyahu. Cette décision avait été largement interprétée comme une manoeuvre du Premier ministre pour se draper dans une fraîche légitimité avant d’affronter une possible inculpation dans trois affaires de corruption.

Après le 9 avril, M. Netanyahu, 69 ans dont 13 au pouvoir, paraissait se diriger vers un cinquième mandat et un record de longévité, à la tête d’une alliance réunissant autour du Likoud des formations de droite plus ou moins radicales et plus ou moins religieuses, et des partis ultra-orthodoxes représentant les 10% d’Israéliens observant rigoureusement les règles du judaïsme.

(AFP)

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