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17 Jan 2019

 Theresa May survit de justesse à une motion de censure

La Première ministre britannique Theresa May a survécu de justesse à une motion de censure mercredi, un répit après le massif rejet la veille par les députés de l’accord négocié avec l’UE, même si sa mission la plus difficile reste à accomplir : sauver le Brexit. Les députés ont rejeté la motion de censure par 325 voix contre 306, soit une marge de seulement 19 voix. Il s’agissait de la première motion de censure déposée contre un gouvernement britannique depuis 26 ans.

Immédiatement après ce vote, la cheffe du gouvernement a déclaré qu’elle allait « continuer le travail » et mettre en œuvre le résultat du référendum de juin 2016, lors duquel les Britanniques avaient voté à 52% pour quitter l’Union européenne. Elle a annoncé qu’elle comptait rencontrer les dirigeants de l’opposition dès mercredi soir, assurant aborder ces rencontres dans un « esprit constructif » et appelant ses opposants politiques à faire de même.

Le leader du Labour Jeremy Corbyn, connu pour ses sorties antisémites, a toutefois décliné l’invitation tant que le gouvernement n’exclut pas l’éventualité « catastrophique » d’une sortie de l’UE sans accord. La centaine de députés du camp conservateur de Theresa May qui avaient voté contre l’accord de Brexit mardi, contribuant à son humiliante défaite, ont cette fois serré les rangs derrière leur cheffe. Et son allié, le petit parti unioniste nord-irlandais DUP (dix députés), qui lui assure la majorité absolue au Parlement, ne l’a pas lâchée. Mais elle doit maintenant « tirer les leçons » du rejet de son texte au Parlement, a prévenu le député du DUP Nigel Dodds. Le DUP est farouchement opposé au « filet de sécurité » (« backstop » en anglais) prévu dans l’accord de retrait, qu’il accuse de menacer l’intégrité politique et économique du Royaume-Uni. Cette option de dernier recours prévoit la mise en place d’une union douanière entre le Royaume-Uni et l’UE pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, si aucune autre solution n’est trouvée à l’issue de la période de transition, prévue pour durer jusqu’à fin 2020. De nombreux députés britanniques craignent que cela n’arrime leur pays à l’UE indéfiniment.

Face à une situation qui semble inextricable, Theresa May a jusqu’à lundi pour proposer un « plan B ». Elle pourrait tenter de retourner négocier avec les dirigeants de l’UE, mais ceux-ci ont jusqu’à présent répété que l’accord conclu en novembre après 17 mois de difficiles négociations était le seul sur la table.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a souligné que l’accord dont n’ont pas voulu les députés britanniques était « un compromis équitable et le meilleur accord possible » (avec AFP)

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