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18 Fév 2020

« Séparatisme islamiste » : Emmanuel Macron attendu à Mulhouse

le Président de la République est attendu mardi à Mulhouse pour annoncer de premières mesures de lutte contre le « séparatisme islamiste », un dossier politiquement sensible à l’approche des élections municipales. Le chef de l’Etat va passer huit heures à Bourtzwiller, quartier sensible de la ville du Haut-Rhin, « où la République doit réaffirmer sa présence » face à l’insécurité, les trafics ou le radicalisme, selon son entourage. Cette « visite de terrain » est la première étape d’une séquence qui s’étendra au-delà des élections municipales des 15 et 22 mars, durant laquelle le chef de l’Etat détaillera la stratégie du gouvernement contre la radicalisation et l’islam politique. Soit « le séparatisme islamiste », une dénomination jugée plus précise que celle de « communautarisme », longtemps employée par l’Elysée. « Il faut essayer de dire sans diviser. Il faut accepter, en disant, de parfois bousculer. Mais il faut accepter qu’il y a, dans notre République aujourd’hui, ce que j’appellerais un séparatisme », a détaillé le chef de l’Etat en janvier.

Depuis le début du quinquennat, les oppositions, notamment de droite, pressent Emmanuel Macron d’affirmer sa politique sur ce sujet, le taxant de laxisme. Le débat s’est encore durci ces derniers mois, alimenté par de vives polémiques sur la présence de listes communautaristes aux municipales ou sur le port du voile par une mère accompagnant une sortie scolaire. En réaction à cette affaire, en octobre 2019, Emmanuel Macron a appelé à « être intraitable avec le communautarisme », mais sans » stigmatiser nos concitoyens » musulmans. Il a aussi dénoncé le « raccourci fatal » entre lutte contre le terrorisme et islam.

Accompagné de quatre ministres – Christophe Castaner et Laurent Nuñez (Intérieur), Gabriel Attal (Jeunesse) et Roxana Maracineanu (Sports) – Emmanuel Macron devrait s’exprimer sur le financement des lieux de culte, notamment depuis l’étranger, la scolarisation d’enfants dans des écoles hors-contrat et la structuration de l’islam de France. Pourrait ainsi être évoqué le dossier de l’immense mosquée An-Nour en cours de construction à Mulhouse grâce en large partie à des financements d’une ONG du Qatar.

Le chef de l’Etat ne devrait en revanche pas s’aventurer sur les dossiers très sensibles de la laïcité et du port du voile ou sur une réforme de l’organisation de l’islam de France, actuellement à l’étude (avec AFP)

 

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