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12 Sep 2019

Richard Ferrand mis en examen

Le président LREM de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a été mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne.

Le quatrième personnage de l’Etat a aussitôt annoncé, dans un communiqué transmis à l’AFP, être « déterminé à poursuivre (sa) mission » à la tête de l’Assemblée.

Ce coup dur pour la majorité intervient alors que, hasard du calendrier, deux autres poids lourds, François Bayrou et Marielle de Sarnez, ont été entendus le même jour dans l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’europarlementaires MoDem.

A l’issue d’un « interrogatoire de première comparution » de près de 15 heures à Lille, où l’affaire a été dépaysée il y a un an, « les trois juges d’instruction saisis du dossier ont décidé de mettre en examen Richard Ferrand pour prise illégale d’intérêts », a indiqué dans la nuit à l’AFP le parquet de Lille.

R. Ferrand a dans la foulée pris « acte de cette mesure procédurale qui va lui permettre de pouvoir se défendre » et a assuré « rester serein sur l’issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l’ensemble des griefs de la première plainte » en octobre 2017, « d’autant plus qu’aucun élément nouveau n’a été versé à ce dossier dans lequel il n’y a ni préjudice ni victime ».

L’affaire des Mutuelles de Bretagne avait conduit ce fidèle de la première heure d’Emmanuel Macron à quitter le gouvernement en juin 2017. A peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, il avait été épinglé par Le Canard enchaîné qui avait révélé qu’en 2011 les Mutuelles de Bretagne, qu’il dirigeait alors, avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne. M. Ferrand conteste toute irrégularité.

Le procureur de Brest avait ouvert une enquête préliminaire en juin 2017, classée sans suite en octobre. Il avait invoqué la prescription s’agissant d’un éventuel délit de prise illégale d’intérêts et jugé que les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie n’étaient « pas constituées ».

L’association anticorruption Anticor avait alors déposé une seconde plainte avec constitution de partie civile.

Après avoir présidé le groupe des députés LREM, Richard Ferrand a pris la succession de François de Rugy à l’Assemblée en septembre 2018. Dès son élection au perchoir, il avait déjà averti à demi-mot qu’il ne démissionnerait pas en cas de mise en examen.

(AFP)

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