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05 Juin 2019

 « Rafle du Vieux-Port » à Marseille en 1943: enquête ouverte pour « crimes contre l’humanité »

 Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « crimes contre l’humanité » pour retrouver d’éventuels responsables encore en vie des persécutions et du transfert forcé en 1943 d’au moins 20.000 Marseillais lors de la rafle dite du Vieux Port, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Soixante-seize ans après les faits, l’enquête a été ouverte le 29 mai par le pôle du parquet de Paris spécialisé dans ce type de crimes imprescriptibles, a précisé cette source. Elle fait suite à une plainte déposée par un avocat marseillais, Me Pascal Luongo, au nom de survivants de cet épisode relativement méconnu de la Seconde Guerre mondiale.

Entre les 22 et 24 janvier 1943, une série de rafles ont été conduites dans les vieux quartiers de Marseille sur ordre des nazis, Hitler ayant décidé « d’épurer » le « chancre de l’Europe », avec la participation de la police française. Près de 800 juifs ont été envoyés à la mort dans les camps d’extermination nazis, et tout un quartier populaire baptisé « la petite Naples », cœur historique de la cité phocéenne derrière le Vieux-Port, a été vidé de force de ses habitants, pour beaucoup des immigrés italiens, puis dynamité.

L’ouverture d’une enquête judiciaire « est le premier pas vers une juste reconnaissance d’un passé douloureux. Toute leur vie, les survivants n’ont pas pu mettre de mots sur ce qu’il s’était passé », a déclaré à l’AFP Me Pascal Luongo, dont le grand-père a fait partie des victimes de cette rafle. Les investigations ont été confiées à des policiers marseillais, qui vont pouvoir entendre des survivants, aujourd’hui octogénaires, a-t-il précisé. Selon la plainte, l’opération « Sultan » « a conduit à l’évacuation d’environ 20.000 personnes, la destruction de 1.500 immeubles sur 14 hectares et le transfert forcé de 12.000 personnes dans un camp de rétention à Fréjus (Var) ». « Huit cents personnes parmi ces 12.000 seront déportées en Allemagne, notamment au camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen (…) et certaines y périront ». Au delà de la reconnaissance du crime contre l’humanité, les plaignants conservent l’espoir de retrouver des responsables ou complices, anciens soldats allemands et policiers français, ou de mettre en cause des personnes morales ou les Etats allemand et français (avec AFP)

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