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20 Juil 2018

Rafle du Vel’d’Hiv : la journée du souvenir

La cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France, commémorant la rafle du Vel’ d’Hiv’ aura lieu Quai de Grenelle-Paris 15ème, Square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d’Hiver  en présence du Premier Ministre, Edouard Philippe. 1942 représente une année charnière pour les Juifs de France durant l’Occupation. Plusieurs changements politiques survenus cette année-là ouvrent la voie à une période de persécution intense qui mènera à la déportation des Juifs vers l’Est. La nomination de Pierre Laval en tant que Premier ministre du régime de Vichy en avril 1942 conduit à un renforcement de la collaboration entre la France et l’Allemagne. De ce fait, le nombre de Juifs déportés de France pendant l’année 1942 sera plus élevé que durant toutes les autres années de l’Occupation : entre le 5 juin et le 11 novembre 1942, 40 839 Juifs sont déportés dans des camps à l’Est.

Au début du mois de juillet, les Allemands exigent la déportation de 28 000 Juifs étrangers ou apatrides de la zone occupée. Les 16 et 17 juillet 1942, près de 4 000 policiers français effectuent des descentes dans des immeubles situés dans l’Est de la capitale, secondés par plusieurs centaines de militants du PPF (Parti populaire français) de Jacques Doriot. L’opération, connue à l’époque sous le nom de « Vent printanier », a été planifiée avec soin. Les Allemands ne demandent la déportation que des Juifs âgés de plus de seize ans mais le Premier ministre Laval s’oppose à ce que les familles soient séparées et ce sont donc des familles entières qui se trouvent déportées. La majorité des 13 152 victimes de ces rafles sont des femmes et des enfants. La plupart des policiers procèdent aux rafles avec zèle et ils ne sont que deux ou trois à présenter leur démission.

Les hommes et les femmes sans enfants sont directement conduits dans des camps d’internement (Drancy et Pithiviers). Les Juifs qui se trouvent déjà à Pithiviers sont déportés à Auschwitz le 17 juillet pour faire place aux nouveaux arrivants. Ceux qui ont des enfants sont emmenés au Vélodrome d’Hiver, un stade de course cycliste couvert, situé non loin de la tour Eiffel. Les Parisiens sont au courant des arrestations, les Juifs étant transportés à travers Paris en plein jour.

Près de 8 000 Juifs sont incarcérés au Vél’ d’Hiv’ pendant près d’une semaine, dans la chaleur du mois de juillet et dans des conditions épouvantables. Il n’y a ni matelas ni eau courante et l’approvisionnement en nourriture est insuffisant. Les toilettes sont rapidement bouchées et les prisonniers contraints de se soulager sur le sol. La puanteur est insupportable. Au bout d’une semaine, les Juifs sont transférés à Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

Entre le 31 juillet et le 7 août, les parents sont brutalement séparés de leurs enfants et déportés à Auschwitz. Les enfants, tous âgés de moins de 16 ans, demeurent à Pithiviers et Beaune-la-Rolande, livrés à eux-mêmes. Entre le 17 et le 31 août, les quelques 3 000 enfants du Vél’ d’Hiv’ sont déportés à Auschwitz, à bord de six convois, en compagnie d’autres déportés qui sont pour eux de parfaits étrangers.

Zone non occupée : Afin d’atteindre le quota requis et d’apaiser les Allemands, le gouvernement de Vichy autorise en août 1942 l’organisation, en zone non occupée, d’une série de rafles qui vont marquer le début des déportations au départ de cette zone dite « libre ». Au cours des mois d’août et de septembre, dix mille Juifs étrangers sont appréhendés à domicile ou transférés depuis les camps d’internement situés dans le sud. Ils sont embarqués dans des trains à destination de Drancy où ils sont incarcérés plusieurs jours avant d’être déportés vers l’Est.

Les rafles et déportations qui ont lieu dans le sud n’affectent dans un premier temps que les Juifs étrangers. Les choses évoluent lorsque les Allemands envahissent la zone non occupée en novembre 1942. La rafle des Juifs de Marseille en janvier 1943 vise également des citoyens nés français et des citoyens naturalisés. Désormais et jusqu’à la Libération au cours de l’été 1944, tous les Juifs, sans distinction de nationalité, seront pris pour cible. Durant cette période, l’adoption par Vichy de nouvelles lois anti-juives se poursuit. Dès la fin de l’année 1942, les Juifs doivent faire apposer un tampon « Juif » sur leurs papiers d’identité et leurs cartes d’alimentation. La traque de biens et d’entreprises juifs en vue de leur aryanisation s’intensifie, visant les propriétaires juifs même après leur déportation, et la presse antisémite continue à prospérer.

Pendant l’occupation, 75 721 Juifs (sur un total d’environ 330 000) sont déportés de France à bord de 79 convois ferroviaires. Ils ne seront que 2 000 à revenir des camps de l’Est. Aux Juifs déportés, s’ajouteront 3 000 Juifs ayant succombé dans des camps d’internement français et près de 1 000 autres, exécutés par le régime de Vichy ou les forces allemandes pour avoir participé à des activités de résistance (source Yad Vachem)

 

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