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26 Juin 2019

L’Iran veut « réduire » ses engagements nucléaires

La tension sur le dossier iranien est encore montée d’un cran, avec l’annonce par Téhéran qu’il comptait s’affranchir davantage de l’accord de 2015 sur le nucléaire, sur fond de surenchères avec les Etats-Unis de Donald Trump.

Dans le cadre du climat ultratendu avec Washington, l’Iran a indiqué en mai qu’il cesserait de se sentir tenu par les limites que cet accord conclu à Vienne impose à ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi. A ce titre, le seuil limite de réserve d’uranium enrichi doit être symboliquement franchi jeudi.

Hier, la République islamique est toutefois allée plus loin: à partir du 7 juillet, elle réduira « résolument » ses engagements pris dans le cadre de l’accord, a déclaré dans une note, citée par l’agence Fars, l’amiral Ali Shamkhani, secrétaire-général du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Le pays cesserait ainsi de respecter les restrictions consenties « sur le degré d’enrichissement de l’uranium » (limité à 3,67% par l’accord de Vienne). Il pourrait en outre reprendre un projet de construction d’un réacteur à eau lourde à Arak (centre), mis en sommeil par l’accord.

Dans sa note, l’amiral Shamkhani évoque la lassitude de Téhéran vis-à-vis des promesses des Européens –qui disent vouloir sauver l’accord depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en mai 2018– mais peinent à trouver les moyens de cette ambition.

La décision de Téhéran de se délier encore plus de l’accord intervient surtout dans un contexte d’extrême tension avec Washington, que l’Iran a accusé mardi d’avoir « fermé de façon permanente la voie de la diplomatie », au lendemain de l’annonce de nouvelles sanctions américaines.

La réaction de l’Iran est « insultante », a à son tour proclamé le président Trump, en prévenant que toute attaque iranienne ferait l’objet de représailles « écrasantes ».

Les sanctions américaines de lundi, d’une portée essentiellement symbolique, visent le numéro un iranien Ali Khamenei tandis que le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, visage de la politique iranienne de détente avec l’Occident et abhorré par les ultraconservateurs iraniens, devrait être placé sur la liste des sanctions « cette semaine ».

Le décret signé par M. Trump empêche le guide suprême, « son équipe et d’autres qui lui sont étroitement liés d’avoir accès à des ressources financières essentielles ». Il gèlera des « milliards de dollars d’actifs », d’après Washington.

Ces sanctions viennent s’ajouter à une spirale d’accusations et d’incidents, dont des attaques d’origine inconnue contre des pétroliers et la destruction le 20 juin d’un drone américain par l’Iran dans la région stratégique du Golfe.

« En même temps que vous appelez à des négociations, vous cherchez à sanctionner le ministre des Affaires étrangères! Il est évident que vous mentez », a déclaré le président iranien Hassan Rohani, répondant aux affirmations des Etats-Unis selon lesquelles un dialogue reste possible.

« Cette Maison Blanche souffre de troubles mentaux. Elle ne sait plus quoi faire! », s’est exclamé M. Rohani.

Le président américain a par ailleurs été l’objet de railleries d’internautes iraniens mardi, après avoir annoncé la veille des sanctions financières contre « l’ayatollah Khomeiny »… mort en 1989.

(AFP)

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