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29 Oct 2018

Hommages aux victimes de Pittsburgh

La Tour Eiffel s’est éteinte hier soir à minuit « en hommage aux victimes de l’attentat antisémite » survenu à Pittsburgh, a annoncé le maire de Paris Anne Hidalgo sur Twitter. « J’adresse tout mon soutien à la communauté juive et à l’ensemble des habitants de #Pittsburgh », écrit-elle.

Quelques heures plus tôt, une centaine de personnes s’étaient réunies devant l’ambassade des Etats-Unis pour rendre hommage aux victimes : « Nous sommes tous Pittsburgh ». Devant l’ambassade, des Parisiens emmitouflés se sont succédé pour  allumer une bougie. D’autres pour se recueillir devant des feuilles de papiers scotchées à des barrières métalliques où étaient inscrits les noms et âges des onze personnes tuées dans la synagogue.

« C’est effroyable ce qui s’est passé » samedi, dit Claire Weber, 55 ans, la voix emplie d’émotion. « Je suis juive, et chaque fois que dans le monde il y a un attentat antisémite, cela m’affecte profondément ».

Plus loin, des hommes portant la kippa ont entamé une prière en hommage aux victimes.

« Ça s’est passé aux Etats-Unis, mais il n’y a pas très longtemps cela s’est passé en France », souligne Yohan Chiche, un étudiant de 22 ans venu avec deux amis, en référence à l’attaque du magasin casher de la Porte de Vincennes à Paris en 2015.

« Nous sommes tous Pittsburgh. Il faut que cette folie meurtrière cesse », souffle Julie Marin, étudiante de 24 ans après avoir observé une minute de silence avec l’ensemble des personnes présentes.

Ce rassemblement était organisé notamment par l’Union de étudiants juifs de France (UEJF), auquel se sont jointes des associations comme SOS Racisme et la Licra.

Outre l’hommage aux victimes, ce rassemblement visait à « faire front contre la banalisation des discours haineux dans l’espace public, qu’ils soient antisémites ou racistes », a expliqué Sacha Ghozlan, président de l’UEFJ.

 

Aux Etats-Unis, Drapeaux en berne, marques de solidarité, cérémonies oecuméniques: la communauté juive a reçu le soutien de tout le pays, mais aussi du pape, de Berlin ou de Paris.

Des centaines de personnes patientaient sous la pluie en fin d’après-midi devant un auditorium du centre de Pittsburgh, pour assister à une veillée en hommage aux victimes de cette tuerie.

Le médecin légiste Karl Williams a révélé dimanche l’identité des victimes après avoir effectué des vérifications avec leurs proches. « Il n’y a pas de mots pour exprimer la sympathie » dont ces familles ont besoin, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

David et Cecil Rosenthal, des frères âgés de 54 et 59 ans, qui vivaient ensemble dans un centre pour adultes ayant des déficiences intellectuelles, en font partie. « Ils aimaient la vie, ils aimaient leur communauté, ils n’auraient jamais manqué l’office du samedi », a déclaré dans un communiqué l’organisation Achieva qui gère leur foyer.

Les neuf autres victimes, dont un dentiste, un médecin et plusieurs retraités, avaient plus de 65 ans, la plus âgée, Rose Mallinger, une résidente du quartier, avait même 97 ans.

Melvin Wax, 88 ans, aimait « raconter des blagues et aller à la synagogue », a confié un ami de sa famille au journal Pittsburgh Post-Gazette. « C’était sa routine, comme prendre son petit-déjeuner pour d’autres… »

Arrêté après un échange de tirs avec des policiers, dont quatre ont été blessés, Robert Bowers a dû être opéré et restait hospitalisé dimanche dans un état stable.

Inculpé de 29 chefs d’accusation, il sera jugé au niveau fédéral et encourt la peine de mort.

Auteur de plusieurs messages antisémites sur les réseaux sociaux, il s’en était pris juste avant son attaque à une organisation juive d’aide aux réfugiés. « HIAS aime amener des envahisseurs pour tuer les nôtres. Je ne peux pas rester assis et voir les miens se faire massacrer, j’y vais. »

Inconnu jusque là des services de police, il n’avait pas non plus attiré l’attention de ses voisins.

« Il était remarquablement normal, c’est effrayant », a déclaré à l’AFP Chris Hall, 28 ans, qui vivait dans le même complexe que Robert Bowers à une demi-heure en voiture de la synagogue.

En un an et demi de voisinage, le jeune homme n’a remarqué ni autocollants suspects, ni déclarations antisémites. « J’aurais tellement aimé qu’il y ait quelque chose, regrette-t-il, visiblement ébranlé. J’aurais pu donner l’alerte. »

Hier, le quartier de Squirrel Hill, coeur de la communauté juive de Pittsburgh, était pétrifié par la douleur. « Le coeur brisé », Alyia Paulding, venue vendre ses savons sur un petit marché, trouvait les lieux « bien silencieux, tout le quartier semble éteint… »

Le maire, Bill Peduto, a toutefois fait part de sa confiance en l’avenir. « Nous savons que la haine ne l’emportera jamais ».  L’élu démocrate a également relancé l’épineux débat sur les armes à feu.

« J’ai entendu le président dire qu’il faudrait armer des gardes dans nos synagogues », a-t-il déclaré. « Notre approche devrait plutôt être: comment retirer les armes à feu – qui sont le dénominateur commun de toutes les fusillades en Amérique – des mains de ceux qui veulent exprimer leur haine raciste avec des meurtres ? »

Donald Trump a fermement condamné la tuerie et a appelé les Américains à se tenir aux côtés de leurs « frères et soeurs juifs pour vaincre l’antisémitisme et les forces de la haine ». Il a toutefois estimé que la fusillade était l’oeuvre d’un « cinglé » et qu’il ne fallait pas changer « nos vies ou nos emplois du temps ».

Mais pour l’Anti-Defamation League, la principale organisation de lutte contre l’antisémitisme aux Etats-Unis, la tuerie s’inscrit dans un contexte délétère.

« Nous sommes à un moment où l’antisémitisme est presque normalisé », a déploré son directeur Jonathan Greenblatt, en rappelant avoir enregistré une hausse de 57% des actes antisémites (menaces, violences, insultes…) en 2017 dans le pays.

Pour lui, certaines personnalités politiques ont contribué à banaliser le discours antisémite, à commencer par le président Trump « qui a utilisé la rhétorique des suprémacistes blancs ».

Plus globalement, de nombreuses voix ont déploré une détérioration du débat public à l’approche des élections législatives du 6 novembre et craint que cela n’encourage le passage à l’acte de personnes instables.

(AFP)

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