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03 Avr 2019

Emmanuel Macron refuse que l’UE soit « otage » du Brexit

Emmanuel Macron a refusé que l’Union européenne soit « durablement otage » de la crise politique au Royaume-Uni et souligné que faute de présenter un « plan alternatif crédible d’ici le 10 avril », Londres « aura de facto choisi de lui-même de sortir sans accord » de l’UE.

« Notre priorité, ce doit être le bon fonctionnement de l’Union européenne et du marché unique. L’Union européenne ne peut être durablement l’otage de la résolution d’une crise politique au Royaume-Uni », a insisté le chef de l’Etat aux côtés du Premier ministre irlandais Leo Varadkar, qu’il recevait pour examiner les éventuelles conséquences d’un Brexit sans accord.

A une semaine d’un conseil européen exceptionnel, le 10 avril, le président français a aussi promis que la France et l’Europe « n’abandonneront jamais, quoi qu’il arrive, l’Irlande et les Irlandais », soulignant « l’extraordinaire difficulté que poserait à l’Irlande » un Brexit sans accord.

L’Irlande ne veut pas devenir « la porte de derrière » permettant d’accéder au marché européen en cas de « no deal » entre Londres et l’Union européenne, a averti de son côté Leo Varadkar après son entretien avec Emmanuel Macron.

Celui-ci a souligné que « le rejet par trois fois de l’accord par la Chambre des communes ainsi que le rejet à ce stade de tout plan alternatif nous mettent sur le chemin d’une sortie dans accord ».

En l’absence d’accord, ou de report du Brexit, le scénario par défaut reste une sortie sèche le 12 avril, dont la simple perspective provoque des sueurs froides dans les milieux économiques.

« Il revient au Royaume-Uni de présenter un plan alternatif crédible, soutenu par une majorité, d’ici le 10 avril pour l’éviter ». Faute de quoi « il aura de facto choisi de lui-même de sortir sans accord. Nous ne pouvons éviter l’échec à sa place », a-t-il insisté.

« Ce plan doit-il être de nouvelles élections, un référendum, une solution différente comme une Union douanière ? Il ne m’appartient pas de le prescrire mais nous y sommes ouverts. C’est à Londres de le dire et de le dire maintenant « , a-t-il ajouté.

Le président français a ajouté qu’une extension longue » des négociations du Brexit, « impliquant une participation du Royaume-Uni aux élections européennes », n’avait « rien d’évident ou d’automatique ».

« Nous avons une relation nouvelle à bâtir avec le Royaume-Uni. Il restera un ami et un allié essentiel. Mais nous ne pouvons passer les prochains mois à régler encore les modalités de notre divorce et à solder le passé », a-t-il conclu.

Le Premier ministre irlandais a pour sa part affirmé qu’il restait « du temps à la Première ministre britannique (Theresa May) pour présenter des propositions ». « Je pense que nous devons rester ouverts à toute proposition qu’elle apportera », a-t-il souhaité, en appelant Londres à modifier ses « lignes rouges ».

La nouvelle secrétaire d’Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a jugé « assez peu probable mais pas impossible » que la Chambre des communes finisse par voter l’accord de retrait avant le 10 avril.

« Les conservateurs favorables au Brexit peuvent encore réaliser qu’il y a un risque que passe une solution à leurs yeux bien pire que l’accord de retrait, comme une union douanière permanente qui n’a échoué que de trois voix hier soir » au Parlement britannique, a-t-elle relevé au Sénat.

Si Mme May « arrive le 10 avril sans vote positif sur l’accord de retrait et ne souhaite pas organiser d’élections européennes », « dans ce cas le Royaume-Uni sort de l’Union sans accord », a-t-elle ajouté.

(AFP)

 

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