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21 Fév 2019

Emmanuel Macron au dîner du Crif

Emmanuel Macron a annoncé hier soir vouloir tracer de « nouvelles lignes rouges » pour lutter contre la « haine » antijuive sur internet ou dans les écoles publiques, au lendemain d’une mobilisation en France contre la flambée des actes antisémites.

« Notre pays – comme d’ailleurs l’ensemble de l’Europe et la quasi-totalité des démocraties occidentales – est confronté à une résurgence de l’antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré le chef de l’État lors du dîner annuel du Conseil représentatif des organisations juives de France (Crif),  auquel participaient plusieurs membres du gouvernement (Christophe Castaner, Nicole Belloubet…) et l’ancien Premier ministre Manuel Valls.

« À nouveau, depuis plusieurs années, l’antisémitisme tue en France », a-t-il poursuivi, alors que la France a connu en 2018 une flambée de 74% des actes antisémites.

« La honte doit changer de camp », a martelé le chef de l’État, ajoutant, ému: « Nous sommes chez nous. Nous tous. »

Face à cette résurgence, le chef de l’Etat a décrété que le temps des « actes » était venu, réitérant la promesse faite mardi en se rendant à Quatzenheim (Bas-Rhin), où une centaine de tombes du cimetière juif ont été profanées.

Le président a notamment annoncé le dépôt « en mai » d’une proposition de loi pour freiner les propos racistes et antisémites sur le net et « renforcer la pression sur les opérateurs », une annonce saluée comme « fondamentale » par le président du Consistoire Joël Mergui et Gil Taïeb vice-président du Crif.

Cette loi imposera aux plateformes de retirer les contenus appelant à la haine « dans les meilleurs délais », de « mettre en oeuvre toutes les techniques » pour identifier leurs auteurs, et enfin responsabilisera ces plateformes sur le plan juridique. Ce délai pourrait être de « 24 heures », selon M. Taïeb.

Emmanuel Macron a également annoncé que la France allait « mettre en oeuvre » une définition de l’antisémitisme élargie à l’antisionisme, une annonce aux contours encore flous et dont la portée reste difficile à évaluer.

« Il ne s’agit pas de modifier le code pénal, encore moins d’empêcher ceux qui veulent critiquer la politique israélienne de le faire », a précisé le chef de l’Etat, qui s’est récemment déclaré défavorable à une loi réprimant l’antisionisme.

Il s’agit d’adopter des recommandations qui permettront de mieux former les agents publics – policiers, magistrats, enseignants – à lutter contre l’antisémitisme, a expliqué l’Elysée.

« L’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme », a justifié le chef de l’Etat.

Sur ce sujet, Gil Taïb et Joël Mergui ont dit leur satisfaction. « On demandait depuis des années la reconnaissance de l’antisionisme. Si les moyens sont mis en oeuvre pour que les paroles antisémites puissent être condamnées, c’est pour nous une avancée essentielle », a déclaré M. Taïeb.

– « Déscolarisation » d’enfants juifs –

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Déplorant que des élèves juifs de certains quartiers soient « trop souvent » obligés de « quitter l’école publique », le chef de l’Etat a également chargé son ministre de l’Education de lancer un « audit » de tous les établissements touchés par ce phénomène, afin que l’école joue à plein « son rôle de rempart républicain ».

« Quand une telle déscolarisation se passe, elle dit quelque chose, parfois de ce que nous voulions ou ne pouvions voir », a-t-il estimé.

Emmanuel Macron a enfin demandé la dissolution d' »associations ou groupements » racistes ou antisémites, à commencer par les organisations d’extrême droite Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18.

« Parce que la période met en cause ce que nous sommes, la France doit tracer de nouvelles lignes rouges », s’est-il justifié. « L’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs, c’est le problème de la République ».

Dans son discours, le président du Crif, Francis Kalifat, avait auparavant lancé un appel aux musulmans et aux imams à lutter contre l’antisémitisme et à « en finir avec la justification religieuse de la haine des juifs ».

Il avait également dénoncé « l’antisémitisme de certains musulmans, l’antisémitisme de certains gilets jaunes ».

Ce dîner intervient au lendemain d’une mobilisation en demi-teinte lancée en France après une série d’actes antisémites, dont la dégradation d’arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi ou l’inscription de croix gammées sur des portraits de Simone Veil à Paris.

Selon l’Intérieur, 541 actes antisémites ont été recensés en 2018.

(AFP)

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