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17/11/20

Yvan Attal – Un enfant caché



Emission: L'Aleph Beth de la Tsédaka 2020

Le traumatisme des enfants cachés de Nathalie Zajde Maître de conférences en Psychologie à l’Université de Paris 8, Responsable de la cellule dédiée aux survivants de la Shoah du Centre Georges-Devereux.

Un « enfant caché » est un sujet qui dans son enfance, a été caché pendant la Shoah pour échapper à l’extermination. Il a généralement été séparé de ses parents. Il a souvent dû renoncer à son identité juive durant la période de persécution meurtrière. Au lendemain de la guerre, il s’est souvent trouvé l’un des rares survivants de sa famille et a de nouveau dû changer d’identité.

Moïshé Rozenberg est un ancien enfant caché. Il est né en 1934 à Paris, de parents originaires de Pologne. Il a vu ses parents pour la dernière fois un beau matin de juin 1942 quand sa mère adorée l’a confié à une dame qu’il ne connaissait pas. « À présent, tu t’appelles Marcel Rolland et je suis ta tata », lui a-t-elle dit. Moïshé a compris sans comprendre, il a surtout deviné que sa vie était en danger. Et Moïshé s’est métamorphosé. Il est devenu Marcel. Chez Tata et Tonton Rolland dans la Creuse, Marcel fut un bon gardien de vaches, un bon écolier (le meilleur de sa classe) et un bon enfant de chœur. Mais cela n’a duré que quelques mois, dénoncé, il a du fuir et continuer à se cacher, à chaque fois chez des inconnus jusqu’à la fin de la guerre. Quand celle-ci a pris fin, Marcel Rolland parlait le patois et avait oublié le yiddish. Il a retrouvé son patronyme, Rozenberg, mais pas sa famille.

La vie des enfants cachés (avec ou sans leurs parents) pendant la Shoah est une série de vécus traumatiques de frayeurs et de terreurs qui, on le sait aujourd’hui, sont restés enfouis dans leur mémoire.

En France, on compte au lendemain de la Guerre environ 60 000 enfants cachés - dont 20 000 orphelins d’un ou de deux parents - dont la majorité de la famille restée au pays (en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie) a totalement disparu. Alors que leur communauté d’origine a été anéantie, ils ont pour la plupart grandi, étudié, travaillé, se sont mariés, ont fondé un foyer et élevé leurs enfants, en ne demandant d’aide à personne.

Mais depuis quelques années, notamment depuis qu’en France des paroles et des actes meurtriers ouvertement antisémites sont devenus une réalité terrifiante, depuis qu’on tue des enfants juifs à bout portant dans la cour d’une école, depuis qu’on entend « mort aux juifs » en plein jour dans les rues de Paris, nombreux sont ceux qui sont rattrapés par les terreurs vécues dans l’enfance.

« Ça recommence ! disent-ils. En 1942 nous étions trop jeunes pour nous battre, en 2020 nous sommes trop vieux pour courir ! »

En proie à des cauchemars, des états anxieux, des crises de panique et un sentiment de rage incontrôlables, les anciens enfants cachés ont besoin d’aide et d’un soutien psychologique spécifique. C’est précisément ce que leur offre l’équipe de psychologues cliniciens du Centre Georges-Devereux.

En soutenant le FSJU vous contribuez à la prise en charge psychologique des anciens enfants cachés.

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