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28/04/16

Invités: Bernard-Henri Lévy et Philippe Sollers

Emission: Un monde de livres
Invité(s): Lévy Bernard-Henri, Sollers Philippe

Josyane SAVIGNEAU reçoit aujourd’hui Bernard-Henri LÉVY pour son essai L’esprit du judaïsme (Ed. Grasset, 2016) et Philippe SOLLERS pour son roman Mouvement (Ed. Gallimard, 2016).

« Le seul vrai roman est le mouvement de l'Esprit, rien d'autre » note Philippe SOLLERS au cœur de son dernier ouvrage. Ce n’est pas un hasard si depuis quarante ans il y a ce compagnonnage d’intelligence entre ces deux grandes figures du monde littéraire français.

Et c’est à un dialogue enthousiasmant auquel nous sommes conviés.

Verbatim :

Bernard-Henri LÉVY : « chacun des romans de Sollers est en rupture par rapport aux précédents. » « Dans Mouvement, beaucoup de drôlerie, de cohérence et d’imprévisibles nouveautés. »

Philippe SOLLERS : « L’esprit du judaïsme est un livre majeur, c’est-à-dire en augmentation par rapport à tout ce qu’aura fait Bernard-Henri LÉVY dans son lent cheminement depuis Le testament de Dieu, publié en 1979 ». « On attaque Bernard-Henri LÉVY, mais au fond il y a toujours un relent d’antisémitisme. L’antisémitisme n’est pas mort. »

Bernard-Henri LÉVY traite le sujet « d’une façon décapante ». « Le Talmud, c’est important car c’est tout simplement l’étude. L’écriture est fondamentale. Dieu n’est pas à croire, il est à comprendre. »

Bernard-Henri LÉVY : « Le Talmud invente cette idée que plus on va vers la fin, plus on se rapproche du début. Il invente cette histoire que l’affaire de la sainteté, de la transcendance, ça se joue dans les mots, dans la lettre, dans le travail du signifiant » « Les Juifs sont venus au monde moins pour croire que pour étudier ». « Ce corps à corps avec le texte, qu’on appelle l’étude, est l’inverse de l’Évangile qui veut dire bonne Nouvelle et invite à la fusion et au martyr. »

Philippe SOLLERS : « oui, c’est l’Évangile mal compris. Il y a des catholiques de confort comme il y a des juifs de confort. »

Bernard-Henri LÉVY : « l’hypothèse de Dieu est sérieuse mais ne peut venir qu’après une vie d’étude. Là il y a une différence majeure avec le catholicisme qui, lui, aboutit au pari de Pascal, à cette façon d’aller très vite, de faire l’économie de la patience de l’exégèse. Il y a là quelque chose qui distingue jusqu’à aujourd’hui les deux rapports au texte, à la lettre. »

Philippe SOLLERS : « pour ce qui concerne Pascal, il faut rappeler qu’il s’agit d’une illumination intérieure, ça peut être des visions, mais tout le monde peut s’engouffrer dans ce mensonge. » « Dans le livre de Bernard-Henri LÉVY il y a un chapitre consacré à Proust qui est tout à fait important. Proust est à la fois juif, catholique, homosexuel et il refait toute l’histoire de France dans ce grand chef d’œuvre de l’humanité qu’est La recherche du temps perdu ». « Le péril suprême pour le judaïsme, c’est l’ignorance, l’analphabétisme, l’illettrisme. »

Bernard-Henri LÉVY : « Ce qui est impressionnant dans Mouvement c’est l’annonce de ce qui est en train de se passer. Seuls HOUELLEBECQ et SOLLERS le font, sur le djihadisme. »

C’est sur une question que se termine cet entretien. D’une manière tout à fait étonnante, dans les deux ouvrages, Mouvement et L’esprit du judaïsme le personnage de Jonas tient un rôle important. Cette histoire insensée de Dieu qui dit à un homme : « tu vas aller prophétiser, te soucier d’un peuple qui n’est pas le tien, le peuple le plus hostile, celui dont il est écrit que s’il est sauvé il va se retourner contre les Juifs » Et à juste titre, Jonas se pose la question : « s’ils sont tellement corrompus et immondes, pourquoi ne pas les abandonner ? »

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