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21/01/19

Trois millions de jeunes sans enseignement, sans formation, sans emploi… et sans gilet

Emission: Le billet politique

Hier matin très tôt, je marchais dans les rues de Paris, il crachinait et il faisait froid. Sur mon chemin, j’ai croisé des errants, trop d’errants, leurs pauvres biens dans leur sac à dos, fuyant la nuit hostile, déambulant probablement depuis des heures comme s’ils allaient tout droit vers un but, chimérique en vérité, ramassant ici et là des mégots mouillés qui seraient, une fois séchés, la seule chaleur qu’ils peuvent s’offrir. Des jeunes, c’étaient toutes et tous des jeunes. Des jeunes, sans rien. Sans voix, à tous les sens du terme. Des jeunes qu’on n’entend pas, ne portent pas de gilet, ne réclament ni augmentation du pouvoir d’achat, pour cela il faudrait qu’ils en aient, ni justice fiscale, ils n’ont aucune idée de ce qu’est un revenu. Je me suis dit que quelque chose ne marchait décidément plus du tout dans notre pays, essoufflé, fracturé, segmenté à l’infini. Etant aussi élue municipale à Trouville, je rapprochais ce constat parisien de ce que nous connaissons dans notre si séduisante station balnéaire : pratiquement pas d’écoles de formation, très peu d’emplois, des logements hors de prix à cause de l’immobilier secondaire, par conséquent une fuite, littéralement, des jeunes Trouvillais qui partent pour tenter de survivre. Et comme nous entamons sous la houlette du maire les réunions très calibrées du grand débat national, qui de fait permettront surtout aux candidats aux municipales de 2020 de mettre au point des programmes ajustés, je me suis dit sans plus que ce sujet des jeunes devrait bien être abordé.

Et puis, hier soir, sous la plume de Jean-Pierre Robin, rédacteur en chef du Figaro, je tombe sur un long article intitulé : « Trois millions de jeunes totalement oisifs, dont 40 % issus de l’immigration. » Comme le remarque Robin, le mot jeunesse est totalement absent de la Lettre aux Français d’Emmanuel Macron. Or l’OCDE ( Organisation de coopération et de développement économique ) vient de rendre publiques ces données terrifiantes qui font de cette réalité sociale le cœur du mal français. Ces 2 millions 850 jeunes exactement ont entre 15 et 34 ans. Leur tranche d’âge représentant grosso modo 16 millions de personnes, ils sont donc 18, 1% dans cette situation des trois ni : ni enseignement, ni formation, ni emploi. Et encore ne parle-t-on pas de logement. Est-ce un choix de leur part ? Oui, et non. Qu’ils n’aient plus de goût pour l’effort et le travail qui rapportent peu, est incontestable. Une évidence aussi les retombées, pour certains, des économies parallèles qui leur permettent de subsister tant bien que mal, et dispensent de rechercher un boulot ressenti comme ingrat. Mais il y a aussi la désindustrialisation, le chômage de masse, l’échec de l’école qui place la France dans le dernier tiers des pays de l’OCDE pour la lecture et le calcul, l’inadéquation des études aux nécessités des entreprises, les manques culturels dans un univers de plus en plus compétitif.

Si l’on analyse les chiffres collectés par l’Insee, on constate que nous laissons à vau l’eau majoritairement des jeunes « Français de souche », incluant bien sûr les deuxième et troisième générations descendants d’immigrés. Quant au 1 million 90 000 de jeunes « issus de l’immigration » sur les près de 3 millions, cela devrait amener à réfléchir lucidement sur l’accueil des immigrés, avant de s’embarquer dans les quotas migratoires. Il n’y pas que la France périphérique blanche et plutôt vieillissante qui a été abandonnée…la situation des jeunes de 15 à 34 ans est un désastre national plus grave encore. Allez, jeune Macron, le sens de l’effort pour nos jeunes !

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