Application pour Tablette et Mobile Bien plus qu'une radio
Téléchargez notre application
disponible pour iOSAndroid

Accueil / / Les matinales

06/03/19

Sur Les traces des Juifs de Grèce. Histoire et destins / Invités de Sandrine Sebbane : Anastasio Karababas et Maurice Soustiel

Emission: Les matinales

Les Matinales présentées par Sandrine Sebbane. « Sur Les traces des Juifs de Grèce. Histoire et destins ». invités :  Anastasio Karababas, historien et professeur, auteur d’une étude sur les Juifs de Grèce. Et Maurice Soustiel, médecin auteur de «146 boulevard Haussmann » sur son père Joseph, juif de Salonique.


À propos du livre : " Sur Les traces des Juifs de Grèce "

Paru aux Collections "Les études du CRIF"


Marc Knobel, qui dirige avec brio la revue des Études du Crif, ne manque pas d’imagination et de capacité de diversifier les sujets qu’il propose aux lecteurs, parution après parution. Et c’est vraiment un thème original qu’il aborde dans le numéro 51 avec une plongée dans l’histoire millénaire d’une communauté juive, celle de Grèce.

On ne pouvait pas mieux choisir pour nous raconter l’épopée des Juifs héllènes depuis la nuit des temps qu’Anastasio Karababas, enseignant au lycée de l’AIU des Pavillons-sous-Bois et guide-conférencier au Mémorial de la Shoah.

L’histoire des Juifs de Grèce remonte comme celle de nombreux autres pays, aux destructions successives des Temples de Jérusalem et à l’exode juif qui en a résulté. L’auteur se réfère aux témoignages et aux récits de Flavius Josèphe, de Paul de Tarse et, plus tard du grand voyageur juif que fut Benjamin de Tudéla.

Les Juifs, dans les différentes régions du pays chercheront, partout où ils s’installeront, à créer des structures communautaires : synagogues, écoles, cimetières. Leur vie sera tantôt paisible, tantôt difficile face à un antisémitisme récurrent. De plus, ils subiront le contrecoup des guerres et des occupations qu’entraîneront les conflits avec les envahisseurs : Macédoniens, Romains, Byzantins, Vénitiens, Ottomans, Français, Anglais, Italiens ou encore Allemands. Sans oublier les grands incendies et les tremblements de terre. Contre vents et marées, les Juifs romaniotes grecs, les Séfarades de la péninsule ibérique et les Ashkénazes d’Europe, parviendront à bâtir une belle communauté.

Il y avait 75 000 Juifs en Grèce à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il ne sont plus aujourd’hui que 5000.

L’auteur a choisi d’explorer les régions et les villes d’une manière quasi exhaustive à la rencontre des Juifs grecs. Salonique, tout d’abord « la Jérusalem des Balkans », âprement disputée entre Turcs et Grecs. C’est là que le 18 août 1917, aura lieu le grand incendie criminel, témoin de l’hostilité à l’égard des Juifs. Un tiers de la ville disparaîtra dans les flammes. 50 000 Juifs seront touchés dont 10000 choisiront d’aller vivre en Palestine, en France, aux États-Unis ou dans la capitale du pays, Athènes.

On passe ensuite au nord du pays avec la Macédoine et la Thrace : Kavala, Drama, Kastoria, Véria, Serrès, Florina, Didymoteicho, Komotini, Xanthi, Orestiada et Alexandropoli.

Puis c’est l’Épire, à la frontière avec l’Albanie, avec Ioannina, Volos, Trikala et Kardista, la Grèce Centrale et l’ Eubée. Nous voilà à Chalcis, à Thèbes et à Naupacte avant de rejoindre le Péloponèse : Patras, Agrinio, Sparte et Corinthe.

On quitte ensuite le continent pour les îles. Les Îles Ioniennes, tout d’abord : Corfou, où les Juifs sont rassemblés dans un ghetto, Évraïki, Zante et Céphalonie puis les Îles de la mer Égée : Crète, Dodécanèse, Cyclades, Golfe Saronique. Nous sommes transportés à Héraklion et à La Canée, à Rhodes, à Kos, à Chios, à Délos, à Égine, Samos, Lesbos et Naxos.

Dans toutes ces villes, petites ou grandes, l’auteur nous décrit par le menu les communautés juives, leurs réalisations, leur importance numérique et leur état actuel.

Un chapitre est bien évidemment consacré à Athènes, « la survivante de la Shoah ». 278 Juifs en 1878, 3000 à la veille de la Shoah, 4930 en 2947. Ils ne sont plus, vers 2010, que 2500 mais représentent néanmoins la plus importante communauté du pays.

Un chapitre est consacré à la judéophobie en Grèce de nos jours et un autre à un entretien avec Janette Battinou, directrice du Musée Juif d’Athènes.

Un remarquable voyage dans l’espace et dans le temps. À découvrir !

Jean-Pierre Allali



À propos du livre : "146 boulevard Haussmann"

paru chez MED éditions


146

Le facteur sonne le point de départ de ce livre en cette matinée glaciale d'hiver 2003. Les timbres grecs et les cachets font foi de l'origine du paquet : Thessaloniki. J'accuse réception et signe le bordereau. Remis en mains propres, selon la formule consacrée.

L'expéditeur est une certaine Paulette M. qui se présente, dans la lettre d'accompagnement, comme une amie de Rachel Soustiel décédée quelques mois auparavant. Ses dernières volontés me désignent le destinataire de ce carton, du format d'une boîte à chaussures, qui me paraît bien pesant.

Je vais à reculons vers cet instant redouté qui soulève la part d'ombre de mon identité. Au fond, je ne la connais pas plus que cela, Rachel.

Pour mon père, Joseph Soustiel, elle était sa cousine, la seule rescapée de sa famille restée à Salonique ; pour moi elle était "Rachel, la cousine de Salonique", sans plus, une vieille dame qui riait tout le temps et qui parlait plein de langues, le français, le turc, le grec et puis cet espagnol chantant que seul mon père comprenait.


Partagez PARTAGEZ
Partagez sur Facebook Partagez sur Twitter
Suivez-nous sur les réseaux sociaux
Facebook RCJ Twitter RCJ

/