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08/04/19

Quand des puissances étrangères s’invitent en France

Emission: Le billet politique

Allons-nous accepter encore longtemps, pris au piège des règles et des lois de notre démocratie, que des puissances étrangères s’arrogent le droit de la malmener ? Pas seulement via les faux nez virtuels et les réseaux sociaux, mais on ne peut plus concrètement, sur notre sol même. Coup sur coup, ces dernières semaines, c’est bien ce qui s’est passé, sans soulever émotion ni indignation, encore moins de décisions. L’époque a l’esprit jaune. D’abord, le 18 mars, une conférence est consacrée à Saint-Denis aux violences faites aux femmes, organisée par un militant « décolonial », également conseiller municipal France Insoumise de cette ville. Et voilà que s’invite dans le public, devinez qui : Tariq Ramadan. Tout droit sorti de prison, mis en examen pour deux viols. Un expert. Sa présence étant ressentie par certaines femmes comme une provocation, il est interpellé mais refuse de quitter la salle. Au lieu de s’entêter et de résister, c’est elles qui s’en vont, s’inclinant ainsi devant le Frère musulman, parce que selon la loi « il n’est pas possible de faire sortir par la contrainte physique un participant à une réunion publique. ». Or ce voyou ne représente pas que lui-même. Il incarne le Qatar, l’un des principaux bailleurs de fond de l’islam en France via les Frères musulmans, avec pour ambition avouée de parvenir à faire adapter notre droit commun à leur conception de l’islam. Cet émirat est aussi bien sûr, comme le racontent dans leur passionnant ouvrage « Qatar papers » Georges Malbrunot et Christian Chesnot, le financier majeur de Tariq Ramadan : 35 000€ mensuels pour brutaliser les femmes, en violer peut-être, et nous empoisonner en général. Est-il utile d’ajouter que bien entendu l’antisémitisme, subtilement diffusé dans la société musulmane française, est un substrat fondamental de Ramadan et des Frères.

Second événement, à Paris. C’était le 21 et le 22 février dernier à l’EHESS. L’organisatrice, l’historienne Judith Lyon-Caen, vient juste de le faire connaître dans laviedesidées.fr. Un colloque réunissant chercheurs et historiens « face au révisionnisme polonais. » Ce dernier, propulsé par l’extrême droite polonaise et son chef de file, Jaroslaw Kaczynski, patron du parti Droit et Justice dont est issu le gouvernement, peut se résumer ainsi : les Polonais ne sont pas antisémites, ils n’ont aucunement été complices de l’extermination de trois millions de juifs polonais pendant la seconde guerre mondiale, pas plus qu’ils n’ont été coupables des massacres de juifs après guerre, notamment le pogrom de Kielce en 1946, tout ça n’est qu’une question d’un point de vue contre un autre, la vison que les Juifs veulent imposer. L’histoire polonaise avec les juifs polonais, c’est celles des Justes polonais. En 2018, la Diète a même adopté une nouvelle loi mémorielle condamnant l’usage du terme camps de la mort polonais et tout propos accusant « publiquement et contrairement aux faits la nation ou l’Etat polonais de responsabilité ou de complicité dans les crimes nazis… » Il a fallu l’intervention des Etats-Unis et d’Israël pour que soit supprimé ce volet législatif. Et voilà que dans la capitale française tout occupée par les GJ, un groupe d’une trentaine de « Patriotes » polonais nazifiants emmenés par un curé nazifiant, ancien recteur de la Mission polonaise catholique en France, s’emparent de la salle de l’EHESS où s’ouvre le colloque de chercheurs et d’historiens, la transforment en arène, hurlent, invectivent, distribuent des brochures, parlent de « business de l’holocauste », nient que l’extermination des juifs fasse partie de l’histoire polonaise, une femme fait avec le pouce le geste de l’égorgement. Hallucinant : tout est enregistré, tronçonné, déformé, posté sur You Tube sur la chaîne suwerenny.pl dont le directeur est présent dans la salle. Je renvoie au compte rendu et à l’analyse de Judith Lyon-Caen mais comme pour Ramadan, je pose la question : pourquoi les organisateurs ont-ils accepté ces ultra Polonais, pourquoi n’ont-ils pas appelé la police ?

Et dans le droit fil, quelles suites judiciaires ont été données au troisième évènement, qui date de près d’un an ? Je veux parler des affiches de la Une du Point : « Le dictateur : jusqu’où ira Erdogan ? » que des militants de l’AKP ont saccagées « après une semaine de harcèlement, d’insultes, d’injures antisémites ». Et voila la Turquie de l’islamiste Erdogan se livrant à une attaque en règle contre la liberté de la presse telle que nous la concevons. Là encore, la société en charge des espaces publicitaires s’est inclinée. Alors ce sera ma dernière question : derrière l’ignorance, la peur, l’indifférence, que vaut ce principe de liberté absolue qui fait abdiquer tant et tant d’entre nous, mine de rien, devant tant de totalitarismes sournois ?

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