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25/03/20

Platon

Emission: Nahum Perrine - Parenthèses Philosophiques

Nous passerons toute cette fin de semaine en compagnie de Platon. 

Il vécut en 427-347 avant notre ère et reçut une éducation à l’image de celle des jeunes athéniens bien nés. On pense qu’il était apparenté à Solon par sa mère. Il fut initié à la philosophie par Cratyle, un disciple d’Héraclite, dont il donnera le nom à un de ses dialogues. Alors qu’il se destinait à la politique, il fit la connaissance de Socrate dont il devint le disciple. Les excès des Trente, gouvernement oligarchique qui succède pour un an à la démocratie à la fin de la Guerre du Péloponnèse en 404,  l’ayant dissuadé de se lancer dans les affaires publiques, il choisit la philosophie. Il fut à nouveau tenté par la politique lorsque la démocratie fut rétablie à Athènes mais la condamnation à mort de Socrate l’en détourna définitivement. Il n’assista pas à ses derniers moments car il était malade mais après sa mort commençà de rédiger ses premiers Dialogues. Il entreprit à cette époque une série de voyages, se rendant en Egypte, en Cyrénaïque puis en Italie où il se lie d’amitié avec les Pythagoriciens et enfin en Sicile où il fut reçu à la cour de Denys et convertit le beau-frère du tyran, Dion, à la philosophie. Mais leur entente fut de courte durée et Dion renvoya Platon à Athènes en -388. Un an plus tard, il décide de fonder sa propre école de philosophie, l’Académie. Au lieu de faire comme son maître c’est-à-dire d’enseigner de façon itinérante et à des étrangers, il se porte acquéreur d’un terrain près de Colone et y établit son enseignement. Ses disciples formaient un petit groupe d’amis, comme une association qui se réunissait autour du maître pour recueillir sa parole. Nous ne savons rien des vingt années qui séparent son retour à Athènes et un nouveau départ en Sicile en -366. Platon se rendra encore une dernière fois en Sicile toujours dans l’espoir d’y établir, grâce à la philosophie et en devenant le conseiller du Prince, le meilleur régime politique possible. Mais il échouera dans cette entreprise et finit par reconnaître son échec, comme il le dit dans sa célèbre Lettre VII, qui nous renseigne sur sa biographie. 

Nous possédons au total 35 Dialogues de Platon rédigés entre -385 et l’année de sa mort. Il meurt, je vous le rappelle, en -347 alors qu’il était en train de rédiger Les Lois. Il est difficile d’en établir un ordre chronologique mais il est tout aussi compliqué d’opérer un classement thématique, même si Platon nous donne quelques indications pour certains d’entre eux. Certains visent à éclairer une doctrine particulière. C’est le cas du Parménide ou du Timée qui se rapportent à la métaphysique ou du Cratyle qui porte  sur le langage. Tandis que d’autres abordent des réflexions d’ordre beaucoup plus général.

On est convenu de dire que dans les premiers dialogues, que l’on qualifie de « socratiques », Platon demeure fidèle à la théorie de son maître. Il s’attache à définir le bien et la vertu. Socrate expliquait que connaître le bien conduisait à le mettre en œuvre. Platon s’attachera à sa suite à définir la vertu, l’amour –celui des hommes et de la sagesse- et la recherche de la vérité. 

Mais Platon ne se contentera pas dans ses grands Dialogues de répéter l’enseignement de son maître. Il développe rapidement une pensée propre autour de la théorie des Idées qu’il met en scène dans la célèbre allégorie de la caverne de La République ou de la théorie des deux mondes, le monde sensible et le monde intelligible. Surtout, il place au centre de son système l’idée de Bien, déjà centrale chez Socrate, mais qui, chez lui, va dépasser le cadre de l’éthique. Platon développe également une Physique dans le dialogue intitulé Le Timée dans lequel il expose sa conception de l’univers. Il s’intéresse à l’amour dans Le Banquet, au plaisir dans Le Philèbe,  à la politique (ce sont La République et Les Lois). Quant au Ménon et au Théétète, ils exposent sa théorie de la connaissance. 

C’est à Socrate et on l’a dit à la forme dialogique que Platon confie l’expression de ses idées dans des dialogues qui sont à la fois très vivants et font participer le lecteur à la progression de la connaissance.

Nous entrerons demain plus avant dans sa philosophie.

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