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22/04/19

Pâques de feu et de sang

Emission: Le billet politique

Le tag est bien visible sur cette école catholique de Sète : «  La seule église qui illumine est celle qui brûle. » Et les images du 15 avril de Notre-Dame de Paris en flammes, la chute lente de son clocher de bois incandescent s’imposent à nouveau, en même temps qu’un haut le cœur à lire cette phrase. Pas de blessés ni de morts, le Trésor de la cathédrale et beaucoup de ses trésors sont sauvés : alléluia ! Mais le symbole frappe tous les esprits. C’est plus qu’un joyau sublime, unique du patrimoine mondial de l’humanité, porteur de notre histoire religieuse, politique, artistique qui est en grande partie détruit pendant la Semaine sainte. Part en fumée et s’effondre en tisons le monument emblématique de la prosélyte, glorieuse et souvent barbare chrétienté européenne. Comme la destruction des Twin Towers à New-York, le 11 septembre 2001, a marqué le début du commencement de la fin de l’empire américain.   Lors de sa dernière exposition, le sculpteur Giacomo Giacometti avait, lui, déclaré : «  Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat. » Au Sri Lanka, dans la nuit de samedi 20 avril au dimanche 21 avril, huit explosions dont trois dans des églises où les fidèles célébraient la résurrection du Christ, la victoire de la vie, ont fait plus de 200 morts et au moins 450 blessés. Ni les êtres en prière ni les maigres trésors des lieux de culte, victimes de kamikazes islamistes, ne pouvaient être sauvés. D’un endroit du monde à l’autre, d’Occident en Orient, aux cultures si différentes, les chrétiens vivent le même martyre. Rien de commun, dira-t- on entre ce qui se passe ailleurs et ici. Au Sri Lanka, en Egypte, en Irak, au Pakistan, au Proche-Orient, en Afrique, ils sont une minorité citoyenne de deuxième classe, réprimés, humiliés, violentés, torturés ou tués, contraints au départ. Les attentats contre leurs églises au moment du culte sont légion depuis 2012. Il y a trois mois encore, aux Philippines, Etat islamique laissait 18 morts dans une église pulvérisée. La volonté de nettoyage religieux, de purification des Infidèles qui croient en Jésus mais pas en Mahomet est à l’œuvre, sans émouvoir beaucoup et sans que le Pape puisse y changer grand-chose, malgré ses voyages et ses rencontres.      Peut-être une prise de conscience française aura-t-elle lieu après Notre-Dame. Tout à coup, on se souvient que plusieurs attentats contre la cathédrale ont été récemment déjoués. On évoque le nombre grandissant d’églises profanées ou saccagées, Maisons-Laffite, Houilles, Dijon, Nîmes, Lavaur, deux la semaine dernière dans des bourgs de la Manche. Le Service central du Renseignement criminel fait état de 877 dégradations en tous genres pour 2018, allant du bénin au spectaculaire. Auteurs: les sataniques, les anarchistes, les neo-nazis et les musulmans radicaux. Bien sûr, l’assassinat du prêtre de 86 ans, Jacques Hamel, à Saint-Etienne du Rouvray en 2016, égorgé vif comme un mouton par deux jeunes islamistes se réclamant de Daech, devant ses fidèles alors qu’il officiait a marqué un tournant. Aucun catholique ne peut plus tout à fait dire aujourd’hui « heureux comme un chrétien en France ».  Ces Pâques de feu et de sang que nous venons de vivre - qui ont aussi suscité l’indifférence totale ou l’allégresse exultante de foules entières sur les réseaux sociaux, il ne faut pas l’oublier – ne sont pas loin d’être une nouvelle épreuve française.

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