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26/11/18

Honte à Macron !

Emission: Le billet politique

Emmanuel Macron a eu « honte ».  Il l’a dit dans un tweet. Honte d’une petite minorité de gilets jaunes, casseurs patentés dont beaucoup venus de province et qui ont mis les Champs Elysées en état de siège pendant quelques heures. Mais honte bien ordonnée commence par soi-même, exercice auquel Narcisse est incapable de se livrer. Faisons-le pour lui.

Honte donc à Macron et à son adulateur, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, d’avoir délibérément, organisé un plan d’autorisations et d’interdictions de la manifestation, un bouclage périphérique de Paris qui, pour ne pas polluer par ailleurs l’autre grande manifestation, celle contre les violences faites aux femmes de l’Opéra à la Bastille, conduisait forcément les gilets devant les vitrines de Vuitton. Une sournoise provocation gouvernementale et policière, pas une fois dénoncée depuis 48H.

Honte à Castaner d’avoir fait dans la seconde de Marine Le Pen, misérable chef politique qui a démontré sa nullité intellectuelle lors de la présidentielle de 2017, la seule figure forte de l’opposition aujourd’hui, celle capable de mobiliser les « séditieux d’ultra droite ». Honte d’avoir entendu un ministre de l’Intérieur prononcer de tels mots, tremble République !, et alors même que des casseurs d’ultra gauche et des anarchistes faisaient partie eux aussi des metteurs de feu. Mais ces derniers étaient les idiots inutiles de la démonstration politique : Le Pen, sinon rien. Selon Castaner, un peu inculte sur les bords, il fallait se référer à la manifestation antiparlementaire de 1934 pour comprendre ce qui se passait sur les Champs. Ironie du sort : les républicains sénateurs étaient au même moment, samedi, en rébellion contre le gouvernement…Honte à lui d’utiliser ces références anachroniques à l’heure de la mondialisation et de la première jacquerie électronique afin de déconstruire la légitimité des gilets jaunes. Castaner reprend l’antienne présidentielle. Macron, sombre imprécateur,  encourageant ce qu’il dénonce, nous la sert sous toutes ses formes. Nous en serions aux années 30, à l’époque des Ligues, le péril populiste, nationaliste menace. La peste brune ? En marche ! Eh bien, honte à Macron, pour les plus viles raisons électorales à l’orée des Européennes, d’affoler, de dresser les uns contre les autres, de manichéiser sans vergogne, honte à son irresponsabilité politique : faire monter l’extrême droite, que nous sommes des dizaines de millions à vomir, pour nous contraindre à voter pour lui, notre sauveur réformiste.

Mais puisque ce fut un samedi honteux, honte aussi à tant de journalistes, en particulier ceux des chaînes d’info. Fixés comme des papillons morts sur le bas des Champs, producteurs d’images obsessionnelles du désordre, comme évidés, régurgitant la propagande gouvernementale. Pour la première fois de ma vie professionnelle, je les ai entendus reprendre sans contrepartie l’admirable chiffre venu de l’Intérieur de 106 301 manifestants sur des milliers de lieux. Fortiche de chez fortiche la comptabilité !Dis, Castaner, c’est qui ce 1 dans toute cette foule ? Un homme, une femme, jeune, vieux, gazoilé, à 700€ ou à 1200€ par mois ? Rien ne résume mieux le cynisme et la manœuvre ambiants. Après que Macron a abattu la droite, la gauche, les syndicats, les partis, voilà que ce 1, le gilet inconnu, vient lui dire que les « classes laborieuses » comme il les appelle tendance ringard ont retenu sa leçon et la retournent à l’identique contre lui. Il ne peut hélas en sortir qu’un isolement sociologique accru du pouvoir.

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