Application pour Tablette et Mobile Bien plus qu'une radio
Téléchargez notre application
disponible pour iOSAndroid

Accueil / / Le billet politique

11/02/19

Enfin la preuve : on laisse casser les casseurs

Emission: Le billet politique

Qui imaginerait les chroniqueurs à l’abri du ras le bol général, trop contents d’avoir sous la plume un scénario inédit à rebondissements mieux que Sous le soleil, se tromperait grossièrement. Vous croyez ça drôle, vous, de voir son agenda ainsi scandé : mardi, mercredi, jeudi préparation, lancement, diffusion du show d’Emmanuel Macron en bras de chemise, qui blablate pendant des heures dopé à l’ivresse de soi, s’énivre de mots, nous saoule, fait campagne électorale gratis pour lui mais à nos frais de gentils contribuables, sans que le pointilleux CSA, à sa botte, y trouve à redire. Au fait, une question hors grand débat : comment fait-il Macron pour tenir le rythme hallucinant qui est le sien ? Quel est le secret de sa forme ? Vous en connaissez beaucoup, vous, des humains capables d’une telle performance olympique permanente ? J’aimerais bien savoir. Et puis, vendredi, samedi, dimanche, c’est Gilets jaunes, préparation, lancement, diffusion du show, avec violences annoncées, programmées, analysées enfin. Quelques visages sensibles et intelligents, de ci de là des propos censés, mais surtout une effrayante brutalité brute, une foule de « pensées » incohérentes, une épaisse haine mal contrôlée. Tellement ras le bol de cette pièce de théâtre que les chroniqueurs ont envie de prendre des sentiers de traverse et de vous parler d’autre chose, de la prodigieuse richesse du monde tel qu’il va, ailleurs. De l’air, de l’air, de l’air ! C’est ce que j’ai failli faire, je m’apprêtais à vous emmener en Chine.

Jusqu’à ce que je tombe hier sur un article du Point en ligne signé Aziz Zemouri, sous le titre : « Véhicule Sentinelle et Porsche incendiés : le périple ultra-violent

du jeune casseur ». Enfin je la tiens la preuve que j’attendais depuis des semaines et des semaines ! La preuve de quoi ? La preuve que le pouvoir fait monter chaque semaine délibérément la mayonnaise de la violence, surexcite sciemment les GJ en les encerclant sans leur laisser d’issue, sans parler de l’utilisation des armes par la police, surtout, qu’il laisse machiavéliquement faire les casseurs. Ecoutez plutôt, c’est glaçant. Zemouri écrit : « Samedi 9 février, pour l’acte XIII des Gilets jaunes, un individu particulièrement virulent est repéré dans la foule massée sur le Boulevard Saint-Michel… » S’ensuit la description pointilleuse, minute par minute, de son interminable périple de destruction. Il casse la Bred, « dès lors les policiers ne le lâchent plus » - ah bon ? – puis, seul ou aidé par d’autres casseurs, prends ça la Matmut, puis la Banque Postale, puis une agence de la MMA, puis une autre de la Banque populaire, d’Allianz, de la Bnp, il s’en prend à une Porsche noire, à une BMW, enfin équipé désormais d’un pied de biche, il détruit des caméras de surveillance, puis met le feu à une voiture Sentinelle au Champ de mars, et, le croira-t-on, « il est finalement interpellé ». Au bout de plusieurs heures, par une police qui a observé mais n’a pas bronché. Un voyou ? Un voyou. Coupable avec une poignée de la quasi-totalité des exactions du jour à Paris. Mais ceux qui, en haut, donnent l’ordre de laisser faire pour dresser les gens les uns contre les autres, pour dégoûter des GJ, pour que le grand débat si calme fasse audience, ceux qui côté dénoncent les dégâts économiques, les faillites de commerçants, le coût pour les assurances, et côté pile laissent les casseurs casser, sont de plus grands voyous encore. Ajoutez à cela la volonté de nous contraindre à un referendum national le jour des élections européennes et celle de mettre au pas la presse avec la création d’une structure déontologique financée par l’Etat : il y a là tous les ingrédients d’une dérive autoritaire.

Partagez PARTAGEZ
Partagez sur Facebook Partagez sur Twitter
Suivez-nous sur les réseaux sociaux
Facebook RCJ Twitter RCJ

/