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06 Avr 2020

Débat : Peut-on célébrer Pessah sur un écran ?

Impensable jadis, la question déchire à présent les rabbins orthodoxes où une partie de la population s’apprête à vivre une première Pâque juive digitale en ce printemps de pandémie. Relativement inconnue avant la crise du Covid-19, l’application américaine Zoom a frayé son chemin chez des salariés, des familles ou des amis leur permettant de se parler de visu malgré le confinement imposé dans de nombreux pays, voire à prendre des apéros à distance pour chasser l’anxiété.

Si Zoom rassemble, son usage divise toutefois le monde rabbinique en Israël à l’approche de Pessah car la loi juive (halakha) proscrit en règle générale l’usage de l’électricité pendant les fêtes. Le phare de la Pâque juive reste le dîner du Seder. Mais comment se réunir en famille élargie en pleine pandémie, lorsque les autorités autorisent uniquement les rassemblements de personnes d’un même foyer? Et que faire des grands-parents qui vivent dans un autre appartement? Un généreux samaritain a eu l’idée de donner des ordinateurs à des personnes âgées pour leur permettre de partager le Seder avec leur famille via visioconférence. Bref, de passer un premier Pessah digital. Mais le donateur a eu un doute: tout cela est-il bien casher?

Depuis à coups de « clashs » et de « psaks » entre rabbins orthodoxes interposés, la polémique enfle : « Une personne qui voulait donner 10.000 ordinateurs à des personnes âgées pour leur permettre d’être réunies avec leur famille nous a demandé si c’était conforme à la halakha », raconte à l’AFP le rabbin Raphaël Delouya. Avec 13 de ses collègues, il a rendu un « psak », un avis religieux sur la question: oui, dans une situation « d’urgence » comme la pandémie de nouveau coronavirus, il est licite d’utiliser un ordinateur pour célébrer la fête avec des « personnes âgées » et ou des « malades ». Car pour ces populations fragiles, « la solitude peut entraîner un mental moins fort et donc une baisse de l’immunité », dit-il. « On s’est appuyé sur des sages du Maroc, sur la tradition rabbinique séfarade qui permettait il y a plus de 50 ans d’utiliser l’électricité pendant les fêtes ».

« Le problème c’est que des rabbins craignent que ça dégénère et qu’à toutes les fêtes à venir, les gens utilisent Zoom, WhatsApp et Facebook et que ça mène à un mépris de la religion. »

Mais le grand rabbinat d’Israël s’est opposé à cet avis: « la solitude est douloureuse, et il faut y remédier, mais peut-être en se parlant par ordinateur à la veille d’un jour férié, mais pas en profanant un jour férié ». Se joue ici un débat entre rabbins orthodoxes qui « prennent acte d’une situation sociale » et d’autres qui se disent « ‘je ne vais pas plier mon système légal à cause d’une (nouvelle) situation sociale' », note Kimmy Caplan, spécialiste des mouvements orthodoxes à l’université Bar-Ilan, près de Tel-Aviv. (Avec Michael BLUM, Guillaume LAVALLÉE, AFP)

 

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