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04 Oct 2018

Benyamin Netanyahu reçoit Angela Merkel 

La chancelière allemande Angela Merkel est reçue ce jeudi par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, une visite où la relation spéciale entre les deux pays est censée prévaloir sur de sérieuses divergences, qu’il s’agisse de l’Iran ou des Palestiniens. Mme Merkel est arrivée hier soir en Israël, une semaine après que M. Netanyahu eut abruptement accusé les Européens de complaisance envers l’Iran pour leurs efforts à sauver l’accord nucléaire avec la République islamique. « Est-ce que ces dirigeants européens n’ont rien appris de l’histoire ? Est-ce qu’ils finiront par se réveiller un jour ? », a-t-il lancé, convoquant le souvenir de l’attitude européenne face à la montée du nazisme. M. Netanyahu ne cesse d’applaudir à la dénonciation de l’accord par l’administration Trump. Mme Merkel défend l’accord, tout en reconnaissant qu’il n’est pas parfait. La politique du gouvernement Netanyahu vis-à-vis des Palestiniens et la poursuite de la colonisation sont un autre motif ancien de désaccord. Cependant, le déplacement de Mme Merkel lui-même témoigne de la volonté de préserver, sinon restaurer, la « relation spéciale » qui, selon la formule allemande consacrée, lie l’Allemagne et Israël après le génocide de six millions de juifs. Cette relation a connu une crise ouverte en 2017 quand M. Netanyahu a annulé une rencontre avec Sigmar Gabriel, alors chef de la diplomatie allemande, parce que celui-ci avait tenu à rencontrer des ONG très critiques envers son gouvernement. Berlin avait aussi annulé les consultations gouvernementales annuelles, invoquant officiellement des questions d’agenda. En fait, l’adoption par Israël d’une loi favorisant la colonisation et l’exaspération devant le comportement du gouvernement réputé le plus à droite de l’histoire d’Israël passent pour avoir motivé la décision allemande. Ce sont précisément ces consultations, en place depuis dix ans, qui reprennent avec la visite de Mme Merkel. La chancelière a dîné avec M. Netanyahu hier soir et doit le revoir aujourd’hui. « Le fait que nous ayons des consultations gouvernementales auxquelles vont participer de nombreux ministres montre à quel point les relations avec l’Etat d’Israël sont multiformes, étroites et bonnes », a dit Rainer Breul, porte-parole des Affaires étrangères allemandes. Malgré l’entrée en vigueur prochaine de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran ou la situation préoccupante dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, il sera essentiellement question, selon Berlin, d’économie, d’innovation, de technologie, de renforcement des liens, et de lutte contre l’antisémitisme. « Bien sûr, nous parlerons aussi de la situation politique compliquée », a dit Mme Merkel dans son podcast hebdomadaire. Le conflit israélo-palestinien sera abordé, a-t-elle promis, en affirmant l’attachement allemand à la solution dite à deux Etats. Aucun déplacement n’est prévu chez les voisins palestiniens. Les perspectives d’un règlement du conflit ont rarement paru plus sombres, alors qu’une initiative américaine se fait attendre depuis des mois. Le sort du village bédouin de Khan al-Ahmar, qui retient l’attention des Européens et des Allemands et qu’Israël voue à la démolition, semble avoir été mis en suspens, bien qu’un ultimatum lancé par Israël aux habitants ait expiré lundi. La destruction de cette communauté de Cisjordanie juste avant ou pendant la visite de Mme Merkel risquerait de tourner à l’incident diplomatique, tant les Européens sont soucieux du message qu’elle adresserait, sur le traitement de ces minorités, et sur l’idée d’un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël. Les habitants de Khan al-Ahmar comptent sur l’intercession de Mme Merkel, et des enfants du village ont manifesté à cette fin hier devant la représentation allemande en Cisjordanie. Reste à savoir quel cas M. Netanyahu, critiqué par certains adversaires pour avoir rallié sans réserve le camp de M. Trump, ferait de l’intervention allemande. Yoram Ben-Zeev, ancien ambassadeur d’Israël en Allemagne, s’attend à ce que Mme Merkel fasse le strict nécessaire sur le conflit israélo-palestinien. « Je pense qu’elle a perdu espoir que les choses bougent pour l’instant », dit-il. Le quotidien Berliner Zeitung parle de « certaine résignation de Merkel » vis-à-vis de M. Netanyahu. Celui-ci s’est signalé récemment par ses attaques contre l’Union européenne. Il s’est trouvé beaucoup d’intérêts communs avec des gouvernements de droite ouvertement critiques des politiques de l’UE dont leur pays est pourtant membre, comme la Hongrie, la Pologne ou l’Autriche. Quitte à être accusé de fermer les yeux sur les soupçons d’antisémitisme contre certains d’entre eux. L’antisémitisme sera au menu des discussions de Mme Merkel, parmi les inquiétudes quant à une résurgence du phénomène en Allemagne. Mme Merkel emmène avec elle Felix Klein, chargé depuis mai de la lutte contre l’antisémitisme au sein de son gouvernement. (AFP)

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