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17 Août 2018

 Aretha tire sa révérence

La légende américaine de la Soul Aretha Franklin, interprète d’immenses succès et combattante inlassable des causes du féminisme et des droits civiques, est décédée jeudi à 76 ans, suscitant un torrent d’hommages. La famille de l’artiste a indiqué qu’elle s’était éteinte à son domicile de Détroit (Michigan) des suites d’un cancer du pancréas.

En plus de soixante ans de carrière, Aretha Franklin aura incarné la vague soul qui a transformé la musique moderne et inspiré des générations d’artistes. Ouverte aux collaborations, elle aura enregistré avec des artistes de divers univers, classique, pop, rock et rap, capable de transposer sa voix chaleureuse, mélange de puissance et sensibilité, dans tous les univers.

Immédiatement après l’annonce du décès, les réactions ont afflué, des artistes aux politiques, dans un éloge à l’unisson. Le président Donald Trump a salué sur Twitter « une femme exceptionnelle qui a bénéficié d’un merveilleux bienfait de Dieu, sa voix ». « Durant plus de six décennies, chaque fois qu’elle chantait, nous avions tous droit à une lueur divine », ont dit, dans une déclaration écrite, l’ancien président Barack Obama, et son épouse Michelle. Aretha Franklin avait chanté lors de la cérémonie d’investiture du premier président noir de l’histoire des Etats-Unis, en 2009.

Bien au-delà de Détroit, les manifestations spontanées se sont multipliées aux Etats-Unis, jusqu’aux fleurs disposées autour de l’étoile qui portait son nom sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles.

Fille de pasteur, Aretha Franklin a fait ses gammes dès 9 ans en chantant du gospel à la New Bethel Baptist Church, où officiait son père, connu également pour ses engagements en faveur des droits civiques. »Je ne voulais vraiment pas chanter au début, mais mon père a insisté », expliquait-elle en 1990 dans un entretien à l’émission « 60 Minutes » de CBS. Bien que révélée à Détroit, où sa famille avait emménagé durant son enfance, elle n’aura pas été une artiste des célèbres studios Motown, son père ayant refusé de la laisser signer avec le jeune label. Premier enregistrement à 14 ans, premier album sous le label Columbia à 19, Aretha Franklin devra néanmoins attendre plusieurs années avant de connaître le succès. En moins de cinq ans, elle enchaînera une série de titres –de « Respect » en 1967 (adapté d’une chanson d’Otis Redding) à « Spanish Harlem » en 1971– qui constitueront le socle de son répertoire.

Elle remportera 18 Grammy Awards, les récompenses de l’industrie musicale américaine, dont les deux premiers en 1967 pour « Respect » et le dernier en 2007 pour un titre gospel, « Never Gonna Break My Faith ». Auteure de plusieurs de ses grands succès, notamment « Think », celle qui était aussi une pianiste hors pair aura été la première femme élue au Rock’n’Roll Hall of Fame, le panthéon américain du rock et de la musique populaire. Entraînée dans le mouvement des droits civiques par son père, elle en deviendra ensuite l’une des messagères, même si elle a toujours assuré n’avoir jamais envisagé le titre « Respect », devenu un hymne émancipateur, comme une chanson engagée. A 16 ans, elle effectuera une tournée avec Martin Luther King, puis chantera lors de ses funérailles en 1968. « Elle nous a aidés à être plus connectés les uns aux autres, plus optimistes, plus humains », ont écrit les époux Obama. « Et parfois, elle nous a aidés à danser et à oublier tout le reste » (avec AFP)

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