Ruwen Ogien
Philosophe, directeur de recherches au CNRS

Jonathan Siksou reçoit Ruwen Ogien, auteur de l’essai « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine », paru aux Éditions Grasset (septembre 2011).
Ce livre a obtenu le prix Procope des Lumières 2012.

 Interview 2/03/2012

 

À propos du livre

Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, de machines à donner du plaisir que personne n’a envie d’utiliser, de tramways fous qu’il faut arrêter par n’importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie. Vous y lirez des récits d’expériences montrant qu’il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d’autres expériences prouvant qu’il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu’on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu’on respire en passant. Vous y serez confronté à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : « Ma vie est digne d’être vécue, mais j’aurais préféré ne pas naître » ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d’un poulet d’élevage industriel ou ne pas vivre du tout ? Cependant, le but de ce livre n’est pas de montrer qu’il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots (« dignité », « vertu », « devoir », etc.), et les grandes déclarations de principe (« Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen », etc.) C’est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l’éthique librement.