René Lévy
Directeur de l'Institut d'Études lévinassiennes

* Invité de la rédaction, René lévy, auteur de l’essai sur Paul de Tarse « Disgrâce du signe », paru aux Éditions L’Âge d’Homme (octobre 2012).

Interview 12/12/2012

 

À propos du livre

Disgrâce du signe

Nul n’ignore que Paul, ou Saül de Tarse – Saint Paul – fut, par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du Christianisme. Pourtant il n’était pas chrétien, mais juif. Jeune, il fut un pharisien, de ceux que les Évangiles exécraient, zélateur farouche et persécuteur des premiers fidèles à Jésus (non encore « chrétiens »). Élève du plus grand des maîtres, Raban Gamliel (Gamaliel), il connaissait la Loi juive (Torah), qu’il observait scrupuleusement.
Nourri de culture hébraïque, spécialement pharisienne, et parlant grec, il livre, dans les endroits de ses Épîtres les plus spéculatifs, un discours souvent abscons, presque étrange, comme si l’hébreu, par une pression souterraine, en défigurait l’écorce. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne (des « progressistes » comme Alain Badiou et Giorgio Agamben ne s’y sont pas trompés), en est un exemple, comme ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce.

 

* Invité de la rédaction, René Lévy, directeur de l’Institut d’Études lévinassiennes, pour l’oeuvre philosophique « Le Guide des égarés », de Moïse Maïmonide.
Traduit de l’arabe par Salomon Munk. Nouvelle édition revue et mise à jour sous la direction de René Lévy, avec la collaboration de Maroun Aouad, paru aux Éditions Verdier (mai 2012).

Interview 12/07/2012

 

 À propos du livre

Son auteur, Moïse Maïmonide (1135-1204), figure majeure du judaïsme rabbinique, se distingua par sa connaissance de la philosophie (notamment celle d’Aristote), de la théologie (musulmane) et des sciences de son temps. Fort de celles-ci, il se fit l’apôtre d’un savoir juif et d’une pratique épurés des superstitions et fondés sur l’intelligence.

Ecrit pour les Juifs « perplexes », écartelés entre les données de l’Ecriture et la rationalité philosophique, Le Guide des égarés – qui comporte trois livres : les métaphores bibliques, la prophétie, le mal et la providence – veut être un effort d’élucidation radicale du discours prophétique par le moyen de la langue philosophique.

Sa portée dépasse largement le cadre de la philosophie juive médiévale ; il pose les bases de toute métaphysique véritable, naissant de la tension vibrante entre inspiration prophétique et esprit rationnel.