Dominique Jarassé

sderCommissaire de l’exposition EDOUARD MOISE, « peintre de la vie juive » au XIXe siècle, au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, à Paris jusqu’au 15 août, Dominique Jarassé, répondra aux questions de Laurence Goldman .

Interview 10/06/2016

 

 

À propos de L’exposition

 
EXPOÉdouard Moyse (1827-1908), peintre d’origine lorraine, s’est attaché à développer une œuvre de « genre israélite » – selon la formule de l’époque –, traitant à la fois des scènes de la vie juive et des moments historiques qui ancrent les principes défendus par les juifs émancipés intégrés aux nations européennes. Tout en conservant sa fidélité à la Lorraine il entremêle les valeurs françaises à celles du judaïsme dans une synthèse propre au franco-judaïsme du xixe siècle que l’on a qualifiée d’« israélitisme ». Il s’en fait le chantre, en représentant en 1868 son acte fondateur, le Grand Sanhédrin, assemblée de rabbins convoquée par Napoléon en 1806. Édouard Moyse est le maître français incontesté de cette peinture de l’émancipation, pratiquée en Allemagne par Moritz Oppenheim ou en Pologne par Maurycy Gottlieb. Si quelques autres peintres, comme Édouard Brandon ou Alphonse Lévy, traitent aussi de scènes de la vie juive, Moyse s’en fait une spécialité au point d’être surnommé « le peintre des rabbins » et donne une coloration spécifique à ses représentations. Il livre également une magnifique série de pastels sur les juifs d’Algérie, où il découvre l’universalité du judaïsme ; il combinera désormais dans ses compositions des motifs typiques des mondes juifs européen et maghrébin. Présentation inédite des oeuvres du plus important peintre juif français du XIXe siècle, cette exposition, organisée par le musée d’art et d’histoire du Judaïsme et le musée des Beaux-Arts de Nancy, permet la découverte d’une expression artistique méconnue du judaïsme. Elle est accompagnée d’une monographie de Jean Bernheim, préfacée par Dominique Jarrassé, Édouard Moyse ou la peinture israélite (Esthétiques du divers, 2012).