David Messas, Grand rabbin de Paris : Hommage
Grand rabbin de Paris


Le Grand rabbin de Paris, David Messas, lors de l'anniversaire de RCJ, sous la souka de la synagogue de Boulogne, le 16 octobre 2011. Photo : Alain Azria

Émission spéciale présentée par Élisabeth Steiner, lundi 22 novembre 2011.

Avec les interventions de Claude Goasguen, Joël Mergui, Nicole Guedj, Mr Chartiel, Gilles Bernheim, Élie Korchia et Jeanine Attia.

Émission spéciale présentée par Sandrine Sebbane, vendredi 25 novembre 2011.

Avec les interventions d’Ariel Messas, Raphaël Draï, Armand Abécassis et Évelyne Chiche.

Message de Joël Mergui, Président du Consistoire de Paris.

Héritier d’une longue filiation de rabbins du Maroc, né à Meknès dans ce que la tradition désigne élogieusement comme la « Petite Jérusalem, » le Grand Rabbin de Paris David Messas a été non seulement un Grand Rabbin mais aussi un Grand homme.

Il y a plusieurs manières d’être Grand. La bonté, la chaleur humaine, la lumière de David Messas sur son visage étaient sa marque de fabrique personnelle. Depuis ses études talmudiques dans les yéchivot « Keter Torah » ou d’Aix-les-Bains en passant par ses fonctions de directeur du Centre Edmond Fleg ou de la maison des étudiants du « Toit familial » -où il me reçut tout jeune étudiant arrivé en France-, il a incarné -en plus d’une très grande érudition-, la bonté, celle qui va au-delà de nos demandes pour faire plus que requis dans le sens du bien-être de l’autre

Rabbin communautaire pendant de longues années après avoir été ordonné à la fois par le Grand Rabbin de France et par le Grand Rabbin d’Israël, il avait su se mettre au service de chacun, simplement, en écoutant son prochain avec tolérance et c’est justement sa pratique d’un judaïsme ouvert, souriant et joyeux, mais sans concession sur l’essentiel, qui avait redonné aux juifs une nouvelle envie de judaïsme.

Cet homme qui n’avait jamais cessé d’étudier sans devenir austère -en se référant continuellement à l’enseignement de son père, Grand Rabbin de Jérusalem et grand maître parmi les maîtres-, s’est toute sa vie investi sans compter au service du judaïsme et des juifs. Par sa connaissance pointue et intransigeante de l’esprit des lois halakhiques, il a été le garant pendant 17 ans des services religieux du Consistoire de Paris dont il a protégé -par son nom et sa conscience- l’esprit religieux au service de l’ensemble de la communauté.

C’est de lui, et je le dis en toute sincérité, que me vient pour une grande part, mon engagement au service de notre communauté et du Consistoire. David Messas avait une telle conscience de sa responsabilité de Grand Rabbin de Paris, de Grand Rabbin de la plus grande communauté juive d’Europe, et une telle exigence de l’exemplarité qui devait être la sienne et la nôtre, à tous, qu’avec son éternel beau sourire il avait su me communiquer et partager sa foi dans un judaïsme tolérant, ouvert et bienveillant comme une mission à accomplir au service de notre communauté.

Sa disparition me prive d’un tandem harmonieux et complice où année après année, sans protocole ni raideur, nous avons de concert administré et conduit le Consistoire de Paris sans perdre de temps en vains conflits, en avançant ensemble de manière complémentaire, sans brutalité, avec l’ambition -pour sa part- de rendre à la communauté ce qu’il avait eu le bonheur de vivre et de recevoir en naissant dans la « petite Jérusalem » de Meknès.

Dans cet esprit, il fut la cheville ouvrière de l’avancée de l’étude et de son approfondissement en France où il a accompagné plusieurs générations de jeunes du Talmud Torah aux cours de pensée juive et philosophique. Né de son impulsion, ce renouveau de l’étude qu’il avait su donner au sein du Consistoire de Paris s’illustre aujourd’hui de la plus belle manière, non seulement dans le Beth Hamidrach de Paris -qui portera désormais son nom-, mais dans la communauté elle-même dont il avait su provoquer et accompagner la mutation.

Malade depuis plusieurs années, ni la douleur, ni la fatigue, ni la lutte incessante pour dépasser son mal autant que lui-même ne l’avaient fait abdiquer de la responsabilité qui était la sienne. Je ne lui ai connu que courage, dignité et volonté de poursuivre coûte que coûte, du mieux possible, sa mission sans jamais se plaindre, baisser les bras ou perdre son lumineux sourire.

Car David Messas aimait sa tâche. Il aimait le Consistoire. Il aimait l’institution dont il avait conscience du rôle majeur et incontournable au sein de la communauté juive comme garant de la religion juive et du judaïsme en France. Il se plaisait à dire que né au Maroc, il avait choisi la France pour ses Lumières, pour son ouverture et sa générosité qui permettaient aux juifs de vivre ses valeurs et leur foi sans compromission.

Il vient de s’éteindre mais la flamme qui brillait en lui restera pour toujours vivace dans le souvenir de ceux qui l’ont connu ou même tout simplement croisé. Je pose depuis l’enfance, le même regard sur cet homme chaleureux et incroyablement souriant, compagnon d’étude de mon père, qui recevaient avec lui l’enseignement de son père, de mémoire bénie. Présent à toutes les étapes de ma vie, Grand Rabbin de Paris depuis 1995, sa disparition nous laisse tous orphelin d’un Grand Rabbin et d’un Grand homme.

Joël Mergui

Décès du Grand rabbin de Paris David Messas

Le Grand rabbin de Paris, David Messas, est décédé dimanche à l’âge de 77 ans. (Florilège de ses émissions « Un rabbin vous parle » sur notre site).

Le Grand Rabbin de Paris David Messas « a été pendant de très nombreuses années le guide spirituel, l’âme et la colonne vertébrale de la communauté juive de Paris » et « son action et son rayonnement ont largement dépassé les frontières de Paris et de la France », a salué le Consistoire.

« La communauté juive est aujourd’hui en deuil, a pour sa part déclaré Joël Mergui, président du Consistoire, qui a annoncé une soirée de prières. C’était mon associé dans la vie quotidienne, un homme d’une grande tolérance », a ajouté Joël Mergui.

Le Premier ministre François Fillon a exprimé dans un communiqué sa « grande tristesse » après la mort d’un « homme de foi et de culture » ayant « oeuvré à la préservation de la tradition et à la construction de l’avenir du judaïsme ».

Le ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, Claude Guéant, a tenu dans un communiqué à « saluer la mémoire de cette figure de la communauté juive de France, homme de foi et de culture » et a « rendu hommage à son travail inlassable au service de la communauté juive de Paris ».

De son côté, le Conseil Français du Culte musulman (CFCM) a fait part de son « immense tristesse et (d’une) grande émotion » après le décès de ce « grand ami des Musulmans de France ».

Le CFCM a aussi tenu à « exprimer sa compassion et sa solidarité avec l’ensemble de la communauté juive de France ».

François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a rendu hommage dimanche au Grand rabbin de Paris, en saluant « un homme de grande culture et de convictions ». Il a fait part de sa « grande tristesse » à l’annonce de son décès. « Cest un homme de grande culture et de convictions qui s’en va, qui savait être un lien entre la République et les valeurs du judaïsme qu’il portait avec passion ».

Pour sa part, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a rendu hommage à un « grand lettré, homme de religon et de réflexion, homme de tradition et de dialogue entre les fois ». Il était profondément apprécié par les fidèles à Paris et réputé bien au-delà, souligne Mme Aubry dans un communiqué, en ajoutant : « Il laisse un vide considérable ».

Bertrand Delanoë « apprend avec émotion et tristesse la disparition du grand rabbin de Paris David Messas. Son envergure spirituelle et son sens du dialogue manqueront à l’identité de notre ville. Et je regretterai les liens de confiance que nous avions noués au fil des années. Au nom de Paris et en mon nom personnel, j’exprime à la famille de David Messas, à ses proches, et au Consistoire de Paris tout entier, ma sympathie et ma solidarité ».

Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris, et Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris, « ont appris avec tristesse et émotion la disparition de David Messas, Grand rabbin de Paris, des suites d’une maladie ». Ils tiennent à saluer la mémoire d’un homme de foi et de culture qui a accompagné et soutenu la communauté juive tout au long de sa vie ».

Un avion a été affrété spécialement dimanche soir pour accompagner le corps du Grand Rabbin de Paris David Messas (zal) à Jérusalem. L’inhummation a eu lieu lundi matin, à 9 heures, à Guivat Shaul.

Plusieurs centaines de personnes dont des ministres et des personnalités du judaïsme en Israël, ont assisté ce matin à Jérusalem aux funérailles du Grand rabbin de Paris, David Messas.

Dans son éloge funèbre, le Grand rabbin ashkénaze d’Israël, Yona Metzger, a déploré « une perte immense pour le judaïsme français ». Une dizaine de rabbins ont ensuite rappelé les mérites de David Messas, Grand rabbin de Paris depuis 1995.

Le ministre israélien de l’Intérieur Elie Yishaï et son homologue de l’Habitat, Ariel Attias,tous deux appartenant au parti orthodoxe sépharade Shass, représentaient le gouvernement Netanyahu.

De nombreux rabbins et responsables de la communauté juive française s’étaient déplacés à Jérusalem pour rendre hommage au défunt, notamment le Grand rabbin de France Gilles Bernheim, dans le cimetière de Givat Shaul.

« Je ressens une grande tristesse. Il offrait une image d’un judaïsme ouvert, chaleureux et souriant », a confié à l’AFP M. Bernheim.

David Messas, diplômé de philosophien, avait été directeur d’établissements scolaires au Maroc et en France, puis Grand rabbinde Genève (Suisse) avant d’être élu en 1995 à la tête du Grand rabbinat de Paris.

« Le Grand rabbin de Paris, David Messas, était malade depuis plus de quatre ans. Depuis son opération en 2007, il ne s’est jamais plaint et n’a jamais décliné aucune de ses responsabilités. Ce que je veux souligner, c’est cette très grande dignité qu’il a eue d’épargner ses proches, ses amis et les gens avec qui il travaillait », a déclaré le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim.

« Nous sommes extrêmement tristes du décès du Grand rabbin de Paris David Messas. Il venait d’une très grande famille de rabbins de Meknès, au Maroc, son père était le Grand rabbin de Jérusalem », a déclaré le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier.

AFP 20-21 /11/2011

Émissions « Un rabbin vous parle », sur RCJ

radiorcj.info/emissions/un-rabbin-vous-parle/

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