Clara Halter

 Clara_HalterInvité de la rédaction, Clara Halter, sculptrice française qui est née, vit et travaille à Paris. Elle a notamment conçu en l’an 2000 le Mur pour la Paix, sur l’esplanade du Champ de Mars. Elle est mariée à Marek Halter.

Interview 12/11/2014

 

À propos de sa sculpture monumentale

Un anneau où est gravé en lettres d’or le mot « paix » dans 52 langues et calligraphies différentes. Pour célébrer le centenaire de la Première Guerre mondiale, la Ville de Compiègne a fait appel à l’artiste Clara Halter pour imaginer un monument pour la paix qui a été installé jeudi 6 novembre, dans la Clairière de l’armistice, en forêt de Compiègne.
L’Alliance pour la paix est une œuvre monumentale, un anneau de bronze patiné, gravé de lettres d’or. D’un diamètre de 3,50 m, elle pèse 1,5 tonne et a été installée face à l’emplacement du Wagon de Foch. Au loin, on distingue la statue du maréchal. « J’étais déjà venue pour visiter le Wagon de l’armistice, explique la sculptrice Clara Halter, épouse de l’écrivain Marek Halter, et j’ai tout de suite été très touchée par la Clairière et l’impression de sérénité qui s’en dégage. J’espère vraiment que ce monument ne changera rien. »
« Le cercle,
c’est la plénitude »1350882370_B973033391Z.1_20140627214557_000_G8S2NHILI.2-0
La symbolique de l’anneau n’a pas été choisie tout à fait au hasard. « C’est un symbole lié à notre histoire. Il y a eu de nombreuses alliances au fil du temps », estime Clara Halter. Y compris celles entre les nations qui ont conduit au premier conflit mondial en 1914. « Tout cela se terminera par une alliance de paix », tient à souligner de son côté Marek Halter.
De son côté, le sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini, met en avant la forme de la clairière, « circulaire », elle aussi. « Le cercle, c’est la plénitude », philosophe le sénateur-maire, visiblement très satisfait de la mise en place de l’Alliance de la paix.
Clara Halter n’en est pas à son coup d’essai : elle est à l’origine de nombreuses œuvres tendant à célébrer la paix. Un mur, en 2000, comportait, un peu sur le même modèle que la sculpture compiégnoise, le mot « paix », décliné en 32 langues.
Une oeuvre dévoilée mardi
« Depuis, j’ai fait d’autres monuments, à Hiroshima et Saint-Pétersbourg, par exemple. Du coup, j’ai cherché d’autres langues, d’autres calligraphies. Je trouve dommage que l’écriture latine tende de plus en plus à remplacer ces calligraphies traditionnelles. »
L’artiste se donne cependant comme but de ne pas utiliser de langues mortes ni même véhiculaires. Toutes celles qui figurent sur l’Alliance de la paix sont encore utilisées.
L’œuvre sera officiellement inaugurée à l’occasion des cérémonies du 11 Novembre, mardi après-midi, et dévoilée au parterre d’invités. Une réplique de l’anneau, en bijou cette fois-ci, est également en vente à la boutique du musée de l’Armistice.