Amos Gitaï
Cinéaste

Shlomo Malka reçoit Amos Gitaï pour parler de son film « Esther ».

Interview 10/01/2012

 

À propos du film

« Esther » est le premier film de fiction écrit et réalisé après une suite de documentaires polémiques et abrupts sur la réalité israélienne et le conflit israélo-palestinien. Gitaiïse confronte – et nous confronte – avec une lecture ambivalente du texte biblique, à la fois israé- lienne, juive et distanciée.

Le film, conçu comme un immense tableau vivant, raconte l’histoire d’Esther dans la Bible ; celle- ci est choisie par le roi Assuérus, qui ignore qu’elle est juive, pour devenir son épouse. Découvrant un com- plot contre son peuple, elle parvient à le sauver.

De cette histoire mythique de survie et de résistance, Gitaï donne aussi la suite telle que la raconte la Bible : les juifs, pour se venger, massacrèrent leurs ennemis. Il s’appuie très littéralement sur le texte biblique. Inspirée par le théâtre brechtien, sa mise en scène recourt à une stylisation revendiquée, où les acteurs, décors et accessoires participent non d’une reconstitution historique, comme il est d’usage au cinéma, mais de la représentation d’un mythe donné en tant que tel.

Au sein de l’œuvre d’Amos Gitaï, Esther (1985) est le premier volet de la Trilogie de l’exil, suivi par Berlin Jérusalem (1989) et Golem, l’esprit de l’exil (1991).

Avec Simona Benyamini, Mohammed Bakri, Juliano Merr, Zare Vartanian, Schmuel Wolf, David Cohen, Sarah Cohen, Rim Bani
Scénario : Amos Gitaï, Stephan Levine d’après le texte biblique
Image : Henri Alekan, Nurith Aviv
Son : Claude Bertrand
Montage : Sheherazad Saadi
Effets spéciaux : Bachir Abou Rabia
Décors : Richard Ingersoll
Production : Agav Films.

Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild
Jeudi 12 janvier 2012, à 20 h. Centre Alliance Edmond J. Safra
6 bis, rue Michel-Ange, 75016 Paris – Tel. 01 55 74 79 10

En près de quarante films, Amos Gitaï a produit une œuvre extraordinairement variée où il explore l’histoire du Moyen Orient et sa propre biographie à travers les thèmes récurrents de l’exil et de l’utopie. À la fin des années soixante-dix et au début des années quatre- vingt, Amos Gitaï livre plusieurs documentaires, parmi lesquels House / La Maison et Journal de campagne.

Il s’installe à Paris en 1983, où il travaille pendant dix ans à des documentaires. C’est également au cours de cette période qu’il commence à mettre en scène des fictions sur le thème de l’exil comme Esther, Berlin-Jérusalem (Prix de la Critique à la Mostra de Venise) et la trilogie du Golem.

Au cours des années quatre-vingt-dix, à la suite de l’élection de Yitzhak Rabin comme Premier ministre, Gitaï retourne s’installer à Haïfa. C’est le début de la période la plus fertile de sa carrière.

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