Rachel Ertel

Paule-Henriette Lévy reçoit, Rachel Ertel, professeure honoraire de l’université Paris-Diderot, essayiste et traductrice, pour la traduction du livre « Le déluge » de Leïb Rochman paru aux éditions Buchet Chastel

Interview 06/03/2017


 

 

À propos du livre

 
« Le déluge »
de Leïb Rochman
paru aux éditions Buchet Chastel
 
Le Déluge est le dernier ouvrage publié de Leïb Rochman, écrivain aux textes rares et dont l’immense roman À pas aveugles de par le monde fait figure de chef-d’oeuvre inégalé de la littérature yiddish. Paru peu avant sa mort en 1978, et quelques mois après avoir reçu le prestigieux Prix Israël dans le pays où il s’est installé en 1950, Le Déluge regroupe dix nouvelles que travaille le thème central de l’oeuvre de Rochman : La tentative d’extermination des Juifs d’Europe et la possibilité pour la communauté d’y survivre. Fidèle à son travail formel sur la possibilité de dire, d’écrire, de figurer ce qui se joue dans l’indicible, le style de Rochman atteint ici son apogée. Comme dans le reste de son oeuvre, mais de manière encore plus éclatante dans ces nouvelles, l’auteur livre des textes qui mélangent allègrement réalisme et fantasmagorie et flirtent avec le fantastique. Tout ici est visions, celles du narrateur qui parle à la première personne – sauf dans la première nouvelle. On y retrouve les obsessions de Rochman : la destruction du monde, la mise à mort des hommes et la coexistence des morts et des vivants. Dans une écriture hallucinée, l’auteur nous entraîne au coeur des ténèbres, dans un camp à peine démantelé où des femmes donnent naissance à des enfants de cendres (L’arc-en-ciel), sur les pas d’un homme que les visions assaillent alors qu’il tente de fuir le ghetto avant l’assaut (Lumière dans la nuit), au coeur d’une Jérusalem cauchemardesque hantée de cadavres (La Ronde), pour ne citer que quelques-uns de ces textes à la puissance et à l’intensité dévastatrices.