Elena Costa

ecPaule-Henriette Lévy reçoit Elena Costa, écrivain française, elle nous parle de « Daniel Avner a disparu », son premier roman, publié aux Editions GALLIMARD.

Interview du 08/09/2015


 

 

À propos du livre

Elena-Costa-Daniel-Avner-a-disparu-240x351« Elle m’a dit qu’elle vivait dans un hôtel rue Bachaumont. L’hôtel portait le nom de la rue. Elle prenait son service très tôt le matin au Lutetia pour préparer le petit déjeuner, s’occuper du ménage dans les chambres. Dora m’a confié qu’elle avait renversé beaucoup de vaisselle au cours des premières semaines, des tasses pleines de café ou de thé qui se brisaient par terre, et je me suis souvenu de la tête de mon grand-père lorsque j’avais cassé le sucrier de Golda. J’ai repensé aux morceaux qu’il avait voulu conserver éparpillés sur le sol de la cuisine des jours durant, aux traces de sang sur le carrelage laissées par nos pieds lorsque le matin nous marchions dans les bris de verre. Elle a ri en parlant de sa maladresse et moi je ne sais pas pourquoi à ce moment-là, j’ai eu aussi envie de rire et le rire a tenu comme ça, à force de rester sur nos lèvres. »
Durant l’Occupation, les parents et la sœur du jeune Daniel Avner ont été arrêtés et déportés. Plusieurs mois après la Libération, le grand-père de Daniel envoie le garçon attendre le retour de sa famille au Lutetia, tout en sachant que personne ne reviendra plus. Commence alors une longue période de sévices infligés par le grand-père à son petit-fils. Pourquoi Daniel accepte-t-il sans protester de souffrir, comme si sa douleur lui permettait de revivre celle des disparus, et ainsi de les rejoindre? Pourquoi se sent-il tenu, après la mort de son grand-père, de retourner attendre devant le Lutetia, alors que l’établissement a depuis longtemps retrouvé sa fonction d’hôtel? Sa rencontre avec Dora sur le boulevard Raspail le délivrera-t-elle de son obsession?