Sylvie Le Ray-Burimi

CaptureJonathan Siksou reçoit Sylvie Le Ray-Burimi, conservateur du patrimoine au musée de l’armée, commissaire de l’exposition: VU DU FRONT. REPRÉSENTER LA GRANDE GUERRE.

Interview 08/12/2014

 

À propos de l’exposition

VU DU FRONT. REPRÉSENTER LA GRANDE GUERRE

Dans le cadre des commémorations de la Grande Guerre, la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine et le musée de l’Armée proposent une exposition qui s’intéresse à la manière dont les contemporains de la guerre ont vu, perçu et représenté le front entre le début et la fin du conflit.
Qu’ont vu les combattants de la Grande Guerre ? Qu’en ont-ils montré, et pourquoi ? Qu’ont rapporté de leurs missions au front les artistes engagés dans l’effort de mobilisation ? Comment ces représentations ont-elles circulé vers l’arrière ? Autant de questions qui mettent en évidence l’absence d’une représentation unique du premier conflit mondial. Tel est le propos de cette exposition qui met en regard les approches des différents fronts : le front occidental bien sûr mais aussi les fronts moins connus comme le front germano-russe, le front austro-italien, le front du Proche-Orient, des Dardanelles et des Balkans.

La production des avant-gardes artistiques et la propagande illustrée sont actuellement mieux connues du public que les oeuvres des soldats ou des artistes missionnés. Or, pour les témoins de la Grande Guerre, montrer la réalité du front et l’expérience des combats a été un enjeu important, que l’exposition se propose de mettre en lumière dans toute sa diversité. En s’appuyant sur le matériau exceptionnel constitué, dès le début de la guerre et dans ce but de témoignage, par les différents états belligérants, Vu du front. Représenter la Grande Guerre offre pour la première fois au visiteur un tableau d’ampleur des représentations de la guerre par ceux qui l’ont vécue.

Tableaux, dessins, photographies privées et officielles, articles de presse, films, affiches ou encore objets reflètent la variété des témoignages, parfois inédits. Parmi les quelques 500 pièces présentées figurent les oeuvres des artistes de la génération du feu, tels les frères Nash, William Orpen, Otto Dix, Guillaume Apollinaire, Anselmo Bucci, Jacques Villon, Fernand Léger ou des toiles d’artistes envoyés en mission au front : Félix Vallotton, Edouard Vuillard et Georges Scott notamment. Un ensemble exceptionnel et complémentaire de pièces provenant pour une large part des collections de la BDIC et du musée de l’Armée est présenté au public pour la première fois au sein d’un espace d’exposition de 800m2. Les deux institutions ont en effet rassemblé pendant toute la durée du conflit une documentation et des oeuvres produites au front par l’ensemble des belligérants, constituant ainsi des collections de référence internationalement connues.

Ces oeuvres sont mises en contraste et en perspective grâce aux prêts consentis par de nombreuses institutions françaises comme l’Historial de la Grande Guerre (Péronne), le Musée national d’Art Moderne (Paris), mais aussi par de grands musées européens, comme l’Imperial War Museum (Londres), le Deutsches Historisches Museum (Berlin), le Heeresgeschichtliches Museum (Vienne) et le Museo Storico Italiano della Guerra (Rovereto).