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10 Juin 2018

Les Juifs au Moyen-Age

L’art judaïque médiéval du nord de l’Europe est dévoilé jusqu’au 16 septembre au musée des Antiquités de Rouen, où vivait une importante communauté juive au Moyen-Âge, à travers l’exposition « Savants et Croyants ».

« C’est la première exposition consacrée à cette thématique en France », s’est félicité Nicolas Hatot, commissaire de cette exposition labellisée d’intérêt national par le ministère de la Culture.

« Il nous a semblé pertinent d’organiser cet événement à Rouen à l’occasion de la réouverture imminente, après travaux, de la Maison Sublime, le plus ancien monument juif conservé sur le territoire français et découvert en 1976 sous la cour du palais de Justice », poursuit le commissaire de l’exposition, qui évoque une fin de chantier en octobre.

Selon certains spécialistes, la Maison Sublime serait l’unique exemple d’école rabbinique (yeshiva) d’époque médiévale conservée au monde. « Cela témoigne du fait que Rouen était un centre important du judaïsme au Moyen-Age », a estimé Nicolas Hatot.

« Avec cette exposition, nous avons voulu sortir de l’oubli ces communautés trop souvent ignorées de notre récit national », a-t-il par ailleurs expliqué. Entre 60 et 70 pièces sont à découvrir dans un espace d’une centaine de mètres carrés. « Nous présentons plusieurs anciens manuscrits très fragiles », a précisé Nicolas Hatot.

Ces livres, ainsi que plusieurs objets de la vie quotidienne, permettent de retracer le développement des communautés juives dans le nord de l’Europe ainsi que les échanges culturels entre ces dernières et les chrétiens de l’époque. L’exposition se décompose en quatre sections: l’implantation des Juifs en Normandie et en Angleterre, l’enseignement et la vie intellectuelle, la vie quotidienne et matérielle et une dernière consacrée au culte et à la synagogue.

Au cours de la déambulation, plusieurs pièces « d’une exceptionnelle valeur », selon Nicolas Hatot, sont présentées au visiteur, notamment une, prêtée par la British Library de Londres et découverte à la Guenizah du Caire, un dépôt de milliers de manuscrits juifs mis au jour au 19e siècle. Dans son écrin vitré, une succession de caractère hébreux se dévoile, apposée sur une longue lanière de parchemin jaunie et, en certains endroits, incomplète.

« C’est une lettre de recommandation, datée du 11e siècle, écrite pour un voyageur juif, dont on pense qu’il venait de Rouen à destination de la Terre sainte », a détaillé le conservateur.

L’exposition donne également à voir « le plus riche manuscrit hébraïque enluminé d’Europe septentrionale », daté de la fin du 13e siècle, et qui compile quatre-vingts textes utiles à la vie religieuse et profane d’un Juif de l’époque. L’ouvrage compile une quarantaine d’enluminures colorées représentant, par exemple, l’allumage de la menorah ou encore une série de créatures fantastiques témoignant de l’imaginaire juif médiéval. « Sans doute, le chef-d’oeuvre de cette exposition », de l’avis de Nicolas Hatot.

Si elle fait la part belle aux communautés juives de Normandie, la présentation ne se limite pas à cette seule zone géographique. On découvre, entre autres, plusieurs pièces issues du trésor d’Erfurt en Allemagne, tels des gobelets emboîtables, mêlant argent et dorures au mercure, le tout agrémenté de subtiles gravures.

Un peu plus loin, ce sont des anneaux et des pendentifs en provenance d’Angleterre et d’Italie, qui s’offrent au regard du visiteur. Dans cet ensemble, une bague en or, supportant une améthyste gravée d’un lion, retient particulièrement l’attention.

L’exposition présente également l’une des seules Torah médiévales réalisées dans le nord de la France, aujourd’hui propriété de la synagogue de Biella dans le Piémont. Parfaitement conservée, elle est enroulée de chaque côté sur les traditionnels supports, arrondis et boisés, qui soutiennent les Torah. « Notre parti pris a été d’évoquer les Juifs au Moyen-Age en dehors des nombreuses représentations négatives que s’en faisaient les chrétiens », a résumé Nicolas Hatot.

« Compte tenu de la thématique de l’exposition, il a été décidé de renforcer la sécurité du musée », a-t-il par ailleurs expliqué. Un contrôle strict des personnes et de leurs sacs a été mis en place à l’entrée.

(AFP)

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