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14 Mai 2018

Le terroriste abattu samedi soir à Paris était fiché S

Les enquêteurs s’efforcent aujourd’hui de mettre au jour les éventuelles complicités dont a pu bénéficier Khamzat Azimov, le jeune homme d’origine tchétchène qui a semé la terreur et tué un homme samedi soir en plein Paris, une attaque au couteau revendiquée par le groupe jihadiste Etat Islamique.

Khamzat Azimov, abattu par des policiers juste après l’attaque, est né en novembre 1997 en Tchétchénie, république musulmane russe du Caucase, théâtre de deux guerres dans les années 1990 et 2000.

Tôt dimanche, les parents de l’assaillant ont été placés en garde à vue. Les chambres que la famille louait dans un meublé du XVIIIe arrondissement, ont été perquisitionnées, sans qu' »aucun élément incriminant » n’ait été trouvé, selon une source proche du dossier.

Sans antécédent judiciaire, le jeune homme, naturalisé français en même temps que sa mère en 2010, était depuis l’été 2016 fiché S (pour « sûreté de l’Etat »).

Il était également inscrit au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste, mais « plutôt » en raison de « ses relations » que de « son propre comportement, ses agissements et prises de position », selon une source proche du dossier.

Dimanche, un de ses amis, âgé de 20 ans également, a été interpellé et placé en garde à vue à Strasbourg, ville où la famille Azimov a vécu plusieurs années avant d’arriver à Paris, selon une source judiciaire.

Une perquisition a été effectuée dans l’après-midi au domicile de ce proche et un ordinateur a été saisi. Khamzat Azimov et lui ont été décrits à l’AFP par leurs anciens camarades de classe comme « tout le temps ensemble au lycée et en dehors », musulmans tous les deux, aimant « les jeux vidéos, le sport ».

Contrairement à Khamzat Azimov, son ami « avait un comportement particulier. Il était en contact avec la Syrie, il voulait partir. Mais après le bac, il était sorti de tout ça, il voulait faire sa vie », a raconté un ancien camarade de lycée des jeunes gens.

Khamzat Azimov avait été « entendu il y a un an par la section antiterroriste de la brigade criminelle car il connaissait un homme lui-même en lien avec quelqu’un parti en Syrie », a indiqué une source proche de l’enquête.

Un passant français, âgé de 29 ans, a été tué et quatre personnes blessées par le jeune homme armé d’un couteau muni d’une lame de 10 cm, samedi peu avant 21H00 près de l’Opéra, dans un quartier touristique de restaurants et théâtres.

Les blessés, âgés de 26 à 54 ans, sont hors de danger, a annoncé dans la nuit le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui a présidé dimanche matin une réunion d’état-major place Beauvau.

L’agresseur s’est dirigé vers les policiers arrivés rapidement sur les lieux et les a menacés en criant « Tire, tire, je vais te planter », selon des sources policières. Un agent a fait usage d’un pistolet à impulsion électrique pour le maîtriser, sans succès. Puis un deuxième policier lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement.

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a rapidement revendiqué l’attaque et diffusé dimanche une vidéo sur laquelle un jeune homme présenté comme l’auteur de l’attentat prête allégeance à l’organisation jihadiste.

« La France paye une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté », avait réagi samedi soir le président Emmanuel Macron sur Twitter.

« C’est triste de voir l’attaque terroriste à Paris. À un moment donné, les pays devront ouvrir les yeux et voir ce qui se passe réellement (…) Des changements doivent être apportés à notre processus de réflexion sur le terrorisme », a tweeté dimanche soir Donald Trump.

Des témoins ont raconté une attaque qui les a saisis d’effroi. L’agresseur « s’est approché calmement, ça contrastait avec la panique qu’il y avait autour de lui, les gens qui criaient et couraient. Il a dit +Allah Akbar+, deux fois, tout doucement, c’était glaçant », a confié à l’AFP Romain, 34 ans.

Cette attaque porte à 246 le nombre de victimes tuées dans des attentats sur le sol français depuis 2015 et intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste.

Paris fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre l’EI.

Cet attentat est un acte de « terrorisme low-cost extrêmement difficile à prévenir », déplore la presse française ce matin.

« Combien de temps devrons-nous encore vivre sous cette menace d’un +terrorisme low-cost+  ?’, s’inquiète Laurent Bodin, dans l’Alsace.

« Il n’y a pas d’autre mot, aussi choquant soit-il, pour qualifier un tel acte fanatique commis par un individu isolé à l’aide d’une arme aussi banale qu’un couteau », explique l’éditorialiste.

Et ce dernier, comme  ses confrères, d’avouer que : « L’honnêteté oblige à reconnaître que prévenir ces attentats isolés est extrêmement difficile, voire impossible. »

« Nul n’a encore une réponse à la lancinante question du passage soudain à l’acte d’un individu qui ne s’était jamais signalé comme violent », alerte Jean-Michel Helvig, dans La République des Pyrénées.

Paul Quinio, de Libération, parle également d’un « néoterrorisme low-cost ». Pour lui : « Les Français savent que même avec Wauquiez à l’Elysée, Le Pen à l’Intérieur et Dupont-Aignan aux Armées, le risque zéro n’existerait pas. »

Désormais, « chez nous et en Europe, ce sont de petites mains qui frappent au nom d’Allah », constate Pierre Frehel, du Républicain Lorrain. « Cet auto-terrorisme artisanal est la pire des menaces, car nos Etats démocratiques, attachés aux libertés publiques, n’ont pas les moyens de l’éradiquer », regrette-t-il.

Dès lors pour Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, il faut « se résoudre à cette menace permanente, hélas ! ». « Le mode opératoire a bougé. Attaque de circonstances, à petit budget, autodéterminée, impossible à détecter, donc à prévenir », s’alarme-t-il.

« Daech garde toute sa capacité de conviction via les réseaux qui se sont éparpillés », prévient La Montagne, dans son éditorial. Et donc :  » Il n’est pas simple d’expliquer que n’existe aucun mode de désamorçage mécanique de la menace », avoue Didier Rose, des Dernières Nouvelles d’Alsace.

« La lutte contre l’hydre de Daech est complexe. Si le fief géographique de Daech est disloqué, son idéologie reste un virus monstrueux », assure Alain Dusart, de l’Est Républicain. « Un terrorisme entretenu par des fanatiques au coeur même de notre société », s’indigne Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre. « Demain sera encore le théâtre de tragiques attentats », martèle Laurence de Charette, dans Le Figaro.

Face à ce terrorisme « rampant qui s’infiltre partout, il n’y a qu’un seul mode d’action  : jouer l’unité nationale avec un message de fermeté. La concorde nationale reste le meilleur antidote contre le poison qui coule dans les veines des fous d’Allah », estime en guise de conclusion Yann Marec, du Midi Libre.

(AFP)

 

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