Les matinales

mercredi 5 avril 2017, 11h05 - 11h55

Les Matinales, émission présentée par Sandrine Sebbane.

Sujet : «Mémoire de la Shoah» invitée Myriam Anissimov pour son livre «Les yeux bordés de reconnaissance» au Seuil et Oriane Jeancourt pour son roman «Hadamar» aux éditions Grasset
 

 

 

À propos du livre

«Les yeux bordés de reconnaissance»
aux éditions au Seuil.
 
Invitée à une émission de télévision littéraire en même temps que Romain Gary, la narratrice va faire sa connaissance. Elle est fascinée par cet homme déclinant, génial, désabusé, accumulant des liaisons absurdes pour tromper sa solitude. Le portrait est saisissant, vu par une jeune femme qui ne veut pas être traitée comme une proie facile. Honnête, la romancière revient sur ce chassé-croisé amoureux et désespéré avec en arrière-fond l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. La déportation de son oncle Samuel est la hantise qu’a réveillée en elle la vision du film Le Fils de Saul, reconstitution du gazage de 400 000 Juifs dans les chambres à gaz d’Auschwitz. Et c’est aussi ce qui ramène en mémoire la rencontre du chef d’orchestre roumain qui a fait ses études à l’Académie du Reich et ses débuts à Berlin après la guerre, Sergiu Celibidache. Liée à un violoniste et chef d’orchestre qui a vécu en Israël, Myriam l’accompagne à Munich où elle rencontre et observe le chef génial qui tente vainement d’avoir une liaison avec elle. La troisième partie du livre, la plus bouleversante, raconte l’enquête que fit l’auteur pour retrouver les traces de son oncle grâce à un réseau de recherches Internet, sur des archives mondiales regroupées. Elle parvient à savoir quelle fut la tragédie de Samuel. Ainsi trois destins contrastés se croisent dans les obsessions à la fois douloureuses, lucides, révoltées et caustiques d’un auteur qui ne veut rien oublier.

Myriam Anissimov est née en 1943 dans un camp de réfugiés en Suisse. Elle est l’auteur de plusieurs biographies de référence (Primo Levi, Romain Gary, Vassili Grossman) et de plusieurs récits intimes, parmi lesquels Le Marida, La Soie et les Cendres, Dans la plus stricte intimité, Vie et mort de Samuel Rozowski, Sa Majesté la Mort et Jours nocturnes.

 

À propos du livre

«Hadamar»
aux éditions aux éditions Grasset .

 
1945. Un homme sort de Dachau. Il y a été emprisonné pour ses articles d’opposition au Troisième Reich qui vient de s’effondrer. Dans le désastre physique et moral de l’Allemagne vaincue, il part à la recherche de son fils, dont il ne sait plus rien depuis qu’il l’a inscrit aux Jeunesses hitlériennes avant d’être emprisonné. Il retourne dans sa ville natale. Les habitants sont énigmatiques, fuyants : une femme élude ses questions ; un soldat américain venu enquêter sur un mystérieux programme « Aktion T4 » des nazis garde des informations secrètes. C’est alors que l’homme entend des rumeurs au sujet de l’hôpital d’Hadamar. Il s’y rend, décidé à retrouver son fils, quel que soit le prix de sa quête.
 
Oriane Jeancourt Galignani dirige les pages littéraires du magazine Transfuge. Auteur de deux romans remarqués, elle signe avec Hadamar le premier roman sur un pan ignoré de l’histoire de l’Europe en guerre, celui des centres d’extermination des enfants et des handicapés, que les nazis appelaient les « inutiles ».

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