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09/05/17

« Le châle de Marie Curie » de Déborah Lévy-Bertherat paru aux éditions Rivages.

Deborah levy bertherat

Emission: Postface
Invité(s): Thibaux François, Lévy-Bertherat Déborah

À propos du livre

« Le châle de Marie Curie »

paru aux éditions Rivages.

LE CHALE DE MARIE CURIEDeux femmes partagent, le temps d'une nuit, une chambre d'hôpital. L'une est kabyle et musulmane, l'autre française et juive : tout les sépare sauf leurs cancers, qui sont les mêmes. Au cours de la nuit, par les paroles et les silences, le passage des soignants et des proches, elles vont se découvrir, se rencontrer. Leurs histoires se tissent, leurs fantômes se croisent, comme celui de Marie Curie, qui hante l'hôpital. Est-on assez nu dans la maladie, assez dépouillé de tous ses masques, pour atteindre, au fond de soi-même et de l'autre, un noyau commun d'humanité ? Dans un style acéré et limpide, Déborah Lévy-Bertherat nous livre ici un récit poignant, qui frappe par sa pudeur et sa sincérité.

À propos du livre

« Les rois barbares »

paru aux éditions du Labyrinthe.
les rois barbaresNouvelles de François Thibaux

De moi, homme de peu, nul ne dit rien. Et personne ne me parle. » Prononcées par un des personnages du recueil Les rois barbares, ces deux phrases donnent le ton des onze nouvelles qui, remontant le temps, s’échelonnent de 2015 à 1950, traversant plus d’un demi-siècle où l’on retrouve les hantises de tout être humain : la pauvreté, la solitude, la mémoire, l’innocence, la présence des morts, la violence et la “barbarie ordinaire” qui imprègne nos vies. Mais aussi la beauté du monde, sa présence charnelle que s’efforce de rendre l’écriture à la fois réaliste et lyrique de François Thibaux.

Ici, hêtres, chênes, frênes, érables, peupliers, bouleaux et saules marsaults s’enchevêtrent, s’enlacent comme des amoureuses. Épaule contre épaule, leurs racines à demi déterrées dessinant sur les pentes des tibias, des crânes, des bras ou des têtes de tortue, ils se penchent et forment au-dessus des cours d’eau des voûtes sous lesquelles règne une immobilité que rien ne perturbe, hormis, soudain, de grands cris en plein ciel. Les buses plongent sur leur proie ou affrontent en combat singulier les corneilles acharnées à défendre leurs petits. Plus bas, les canards jacassants filent comme des missiles. Là-haut, près des nuages, un cygne indifférent au cou tendu passe avec un bruit de forge. Impassibles, les hérons semblables à des oiseaux d’avant le monde traversent les jardins et se posent au bord des étangs ou sur le plateau, au milieu des champs. Dès lors, la forêt retrouve son silence.

Ce fut dans son ombre bienfaisante trouée par le soleil que je la vis, un matin de septembre, vaciller en actionnant sa sonnette, très droite sur sa bicyclette freinée par la gadoue. Petite vieille frisée et frêle, elle pédalait avec vigueur au milieu du sentier, maintenant en équilibre instable son guidon flanqué d’un panier de métal où elle avait rangé son sac, une paire de mocassins bon marché et un imperméable plié avec soin, en cas d’averse. Elle s’arrêta à quelques pas de moi, devant le perron, ficha ses pieds dans l’herbe et dit en reprenant son souffle : – Je viens pour l’annonce.

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