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23/04/18

Jonathan Siksou / Jasia (Janina) Reichardt / « Quinze voyages de Varsovie à Londres 1940-1945 » / éditions de la revue Conférence.

Reichardt

Emission: L'invité du 12/13

Jasia (Janina) Reichardt a six ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate et bouleverse l’heureuse vie familiale à Varsovie où la musique, le dessin, la peinture et la littérature sont très présents.

Jasia et la majorité des siens sont déplacés au ghetto de Varsovie. « Je sais main­tenant que je suis juive... “On est obligé d’être juif ?” demandai­-je à ma mère, “on ne pourrait pas être autre chose ?” — mais cela ne semble pas être une question de choix, et à ce que je vois autour de moi, être juif ne paraît pas être une bonne chose.»

«Pendant les promenades, ma mère me cache quelquefois les yeux sans pré­venir, pour m’empêcher de voir des atrocités que je ne peux que deviner... J’apprendrai plus tard l’insupportable raison de l’entrée de mon père dans le ghetto ; il quitte la relative sécurité extérieure afin d’organiser mon évasion.»

La menace de liquidation approchant, elle doit être séparée de sa famille. S’enchaînent alors ses multiples «voyages»; elle s’échappe du ghetto, change d’identité, transformée en orpheline ca­tholique, passe de mains en mains, avant de re­ joindre à Londres, la guerre terminée, sa tante Franciszka Themerson. «Je quitte Zofiówka, suivant les instructions de ma grand-­mère. De nouveau il n’y a pas d’au revoir ni de derniers conseils. Je suis désormais responsable de ma propre vie. C’est la première fois que je pars seule quelque part, mais ma peur habituelle s’évanouit.»

«Avant de sortir, Halina me conseilla de ne pas sourire car cela soulignait mes traits sémites. Je tâche de me rappeler cette consigne... Je sourirai la nuit quand personne ne me verra... Je sais que mes parents sont morts bien que personne ne me l’ait dit... Dans mon imagination, ils semblent me dicter ce que je dois faire, ce que je dois dire et comment je dois me comporter.»

« Le voyage à Londres fut le dernier que j’ai compté... Au bout de trois mois, j’ai arrêté de parler de la guerre... À partir de là, l’avenir devient ma passion. »

Cinquante ans plus tard, Franciszka lègue à Ja­sia les 15 lettres et 31 cartes que sa mère (as­sassinée à Treblinka) et sa grand-­mère (suicidée à Otwock) lui ont envoyées du ghetto (1940­-1942).

Il fallut encore du temps pour que Jasia, rare survivante du ghetto de Varsovie, parvienne à les lire et revienne sur cette période tragique: avec humour, dans l’amour des siens et de la vie, elle mêle ses mots de petite fille et d’adulte. À l’aide d’images et de documents inédits, elle re­ construit un récit aussi minutieux qu’émouvant. Défilent visages et lieux, résonnent les voix, de Varsovie à Londres.

Franciszka et Stefan The­merson, grands artistes de l’avant­-garde du XXe siècle, qui ont recueilli Ja­sia à Londres, ont largement contribué à sa «renaissance» et à sa vocation de critique d’art puis de commissaire d’exposition.

Un volume de 200 pages, format 16 x 22,5 cm, abondamment illustré.

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