Mémoires vives

dimanche 19 février 2017, 13h05 - 13h30

 

Diffusion le 19/02/2017

Émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, préparée par Rachel Rimmer, présentée par Kristel Le Pollotec.
 
Invités: Jean et Marie Vaislic
 

 

 

À propos de leurs témoignages

 
Le témoignage est essentiel dans la construction de la mémoire de la Shoah. Il est une source irremplaçable pour le chercheur et l’historien, il donne un visage humain à la transmission d’un savoir indissociable de l’émotion. Or, près de 70 ans après cette tragédie, il est évident que les témoins disparaissent, que leur voix s’éteint.
Parmi ces voix que l’on peut encore entendre, il est celle des époux Vaislic. Comme beaucoup d’autres survivants, ils se sont décidés à témoigner tardivement. Marie a fait paraître son récit en 2014 tandis que celui de Jean est attendu pour 2016.

Leurs histoires sont à la fois similaires et très différentes. Marie Rafalovitch a 14 ans quand sa vie bascule le 24 juillet 1944. Dénoncée par un voisin à Toulouse, elle est arrêtée par un milicien français et un membre de la Gestapo. Enfermée à la caserne Caffarelli avec des familles juives raflées, elle est déportée en Allemagne au camp de femmes de Ravensbrück. Seule, la jeune adolescente est confrontée à la terreur nazie. Elle comprend vite qu’elle ne peut compter que sur elle-même. Au début de 1945, suite à l’évacuation du camp, elle est transférée à Bergen-Belsen, où elle vivra la libération du camp.

Jean Vaislic est né à Lodz, seconde ville de Pologne. Lui aussi connaît l’horreur à 14 ans. Le ghetto, la disparition de son père, la fuite dans la campagne, l’arrestation, Auschwitz, la marche de la mort… Jean Vaislic demeure le seul survivant d’une famille de 63 personnes.

Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu.
Je ne suis pas seul à l’avoir vécu.
Mais il m’est impossible de m’en débarrasser.
Si je pouvais laver mon cerveau de ces souvenirs, je le ferai.
J’y pense tous les jours mais je n’en parle pas.
« Pourquoi ne l’as tu pas dit? » me disent mes fils.
Parce que c’est impossible.

Jean Vaislic