Mémoires vives

dimanche 12 février 2017, 13h05 - 13h30

 

Diffusion le 12/02/2017

Émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, préparée par Rachel Rimmer, présentée par Kristel Le Pollotec.
 
Invitée: Claire Zalk
 

 

 

À propos du Livre

 
Dénaturalisés : Les retraits de nationalité sous Vichy
Aux éd. du Seuil
 
« La France aux Français » : ce fut l’une des premières mesures mises en oeuvre par le gouvernement de Vichy. Les dénaturalisations ont été prévues par la loi du 22 juillet 1940. Cette loi, rétroactive, visait potentiellement tous les Français naturalisés depuis 1927 : plusieurs centaines de milliers de personnes, peut-être 1 million. A partir d’une étude d’une ampleur inédite dans les archives nationales et locales, Claire Zalc livre une puissante analyse des effets de la loi du 22 juillet 1940, depuis la signification qu’elle a prise pour ceux qui l’ont appliquée (magistrats de la commission de Révision des naturalisations, préfets, maires, etc.) jusqu’à ses conséquences pour ceux qui l’ont subie et se sont vus retirer la nationalité française. Si la loi de juillet 1940 est silencieuse sur les motifs du retrait de la nationalité et ne mentionne pas les Juifs, la conclusion de Claire Zalc est sans appel : « La mention israélite non seulement identifie, signale, stigmatise, mais surtout, elle établit la décision.  » Les Français originaires d’Europe de l’Est, supposés juifs, ont été les plus visés : ainsi se dessinent les visages des « mauvais Français ». Si 15 000 personnes ont finalement été exclues de la nationalité, ce sont des dizaines de milliers d’autres qui ont été ciblées par l’enquête administrative et policière, rendant les Juifs plus visibles, plus vulnérables aux persécutions et à la déportation. Claire Zalc établit aussi nettement que le refus opposé par Vichy à la pression des autorités allemandes en faveur d’une dénaturalisation de masse en 1943 ne résultait pas d’une volonté de protection des naturalisés, mais du souci d’affirmer sa souveraineté et de conserver jusqu’au bout la maîtrise du processus.