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05 Juin 2018

Benjamin Netanyahu à Paris

Le Premier ministre israélien poursuit ce mardi à Paris son offensive diplomatique pour tenter de créer un front commun contre l’Iran.

Benjamin Netanyahu a planté le décor dès le premier jour de sa tournée européenne, hier à Berlin, en mettant en garde Angela Merkel contre un nouvel afflux de réfugiés syriens si rien n’est fait pour contenir l’influence croissante de Téhéran au Moyen-Orient.

Après la chancelière allemande, le président français Emmanuel Macron va réitérer à son tour la nécessité de sauvegarder l’accord sur le nucléaire iranien qui, à défaut d’être parfait, offre aux yeux des Européens le seul garde-fou contre la prolifération nucléaire dans la région.

Selon ce texte signé en 2015 et dont les Etats-Unis sont sortis avec fracas le 8 mai, l’Iran renonce à toute ambition nucléaire militaire en échange d’une levée des sanctions internationales qui paralysent son économie.

Benjamin Netanyahu martèle pour sa part que l’accord n’empêchera pas l’Iran de se doter de la bombe atomique et l’aide à financer son expansion régionale (Syrie, Liban, Irak), au détriment de la sécurité d’Israël, en renflouant son économie.

Les deux dirigeants – qui se rencontrent pour la troisième fois à Paris depuis juillet 2017 – devraient constater une nouvelle fois leurs divergences sur les moyens de ramener la stabilité dans la région, tout en faisant la même analyse des menaces.

 

Le « diagnostic est partagé sur le fait que la présence militaire de l’Iran ou de groupes pro-iraniens en Syrie représente une menace durable », relève la présidence française.

Mais Paris appelle à compléter l’accord existant en discutant avec l’Iran de ses activités balistiques et de son influence régionale, là où Israël est sur une approche beaucoup plus frontale pour forcer Téhéran à renégocier l’accord nucléaire.

« L’objectif de Benjamin Netanyahu c’est de sortir du tête-à-tête avec Washington » et de « contraindre a minima les Européens à renforcer l’accord existant », si besoin en réintroduisant des sanctions contre l’Iran, estime David Khalfa, chercheur associé à l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) à Paris.

L’Etat hébreu mise pour cela sur deux leviers, la menace de sanctions américaines contre les entreprises européennes – qui ne sont pas encore entrées en vigueur – et l’axe entre les Etats-Unis, Israël et l’Arabie saoudite, dit-il.

(AFP)

 

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