Un attentat « imminent » déjoué à quelques jours de la présidentielle

A quatre jours du premier tour de la présidentielle, deux jeunes hommes « radicalisés », soupçonnés de vouloir perpétrer une attaque « imminente », ont été arrêtés à Marseille, en possession d’armes à feu et d’une grosse quantité d’explosif artisanal.
Les deux hommes, « aussi méfiants que déterminés », se préparaient à mener « une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu’on puisse déterminer avec précision le jour, le ou les cibles visées », a déclaré à la presse le procureur de Paris François Molins.
Si les enquêteurs étaient sur la piste de Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, depuis plusieurs semaines, la menace s’est précisée ces derniers jours.
Le 4 avril, Mahiedine Merabet a envoyé un pli au commissariat de Roubaix accompagné d’un mot: « je vous donne ma carte d’identité et ma carte (bancaire, ndlr) car à cause de vous je n’en ai plus l’utilité. Je vais bientôt me rendre on discutera. (…) je n’ai rien à vous dire, je vis d’amour et d’eau fraîche, je médite, laissez moi tranquille, salut ».
Il cherchait également à entrer en contact avec l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), notamment pour transmettre « une vidéo d’allégeance ou de revendication », selon le procureur.
Interceptée le 12 avril par la DGSI, cette vidéo montre une table sur laquelle est posée un fusil mitrailleur UZI, le drapeau noir de l’organisation Etat islamique, des dizaines de munitions disposées afin d’écrire « la loi du talion » et la Une du journal Le Monde du 16 mars, où figurait François Fillon.
Un important arsenal, notamment plus de trois kilos de TATP, l’explosif artisanal prisé des jihadistes, une grenade artisanale ainsi qu’un fusil mitrailleur, deux pistolets , des munitions et un drapeau de l’EI, ont été saisis dans le logement loué par les deux hommes depuis le 1er avril.
Dans cet appartement « d’étudiant » du IIIe arrondissement de Marseille, les enquêteurs ont découvert au mur « un plan de la ville ainsi que de très nombreuses copies couleur de photographies représentant des enfants morts, victimes de guerre, de bombardements ou d’exactions », a indiqué François Molins.
Un drapeau de l’EI ainsi que de la « documentation jihadiste » avaient déjà été découverts au domicile à Roubaix de Mahiedine Merabet, en son absence, lors d’une perquisition administrative en décembre 2016, a précisé le procureur.
Les deux hommes ont été arrêtés en sortant de leur logement mardi matin par la DGSI, assistée du Raid, dans le cadre d’une enquête en flagrance ouverte à Paris le 12 avril, notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste.
Connus pour leur radicalisation et fichés S depuis 2016 et 2015, les deux suspects se sont connus en partageant leur cellule pendant deux mois en 2015. Ils étaient incarcérés pour des faits de droit commun.
Cinq projets d’attentats ont été déjoués depuis le début de l’année 2017, après 17 en 2016, avait affirmé le 21 mars le Premier ministre Bernard Cazeneuve. En mars encore, « 19 interpellations antiterroristes » ont eu lieu, selon le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl (avec AFP)