Le Parlement européen se prononce sur l’immunité de Marine Le Pen

Photographe : Georges Gobet/AFP. Marine Le Pen au Parlement européen, à Strasbourg, le 19 janvier 2011.

Photographe : Georges Gobet/AFP. Marine Le Pen au Parlement européen, à Strasbourg, le 19 janvier 2011.

Le Parlement européen doit se prononcer aujourd’hui sur une levée de l’immunité de Marine Le Pen, ce qui ouvrirait la voie à une procédure judiciaire contre la présidente du Front national après des propos assimilant les « prières de rue » des musulmans à une « occupation », propos que l’intéressée a maintenus lundi.

Le vote sur cette levée d’immunité, à la demande du parquet de Lyon qui souhaite poursuivre Mme Le Pen, est prévu vers midi. Le 19 juin, la commission des Affaires juridiques du Parlement s’était déjà prononcée à une large majorité pour la levée de l’immunité. Mardi, l’ensemble des députés, réunis en session plénière à Strasbourg, devraient confirmer ce vote.

La présidente du FN, eurodéputée depuis 2004, a déjà anticipé cette décision. « Oui, ça va arriver parce que je suis une dissidente », mais « je ne le crains absolument pas » et « je m’en moque », a-t-elle affirmé lundi sur LCI.

Elle a également estimé qu’on voulait l’incriminer pour « un délit d’opinion », et maintenu les propos tenus en décembre 2010 qui lui valent des poursuites. Elle avait alors dénoncé dans un discours les « prières de rue » de musulmans, les qualifiant « d’occupation », sans « blindés (ni) soldats », mais d' »occupation tout de même ».

Son délit est, à ses yeux, « d’avoir osé dire ce que tous les Français pensent, c’est-à-dire que les prières de rue – dont je leur indique qu’elles continuent à se dérouler sur le territoire français – sont une occupation », a-t-elle martelé.

« Je le maintiens. Ma levée d’immunité parlementaire sera votée par mes adversaires politiques UMP-PS. Cela ne me pose aucune problème », a poursuivi Mme Le Pen sur LCI.

C’est pour « tenter de m’intimider », a-t-elle soutenu. « Je remarque que l’immunité est conservée pour des députés qui tapent dans la caisse » mais pas « quand il s’agit d’un propos politique (…). Il va y avoir un procès » et « j’espère le gagner », a-t-elle ajouté, revendiquant sa « liberté d’expression ».

Avant Mme Le Pen, Bruno Gollnisch, autre eurodéputé du Front National, a été privé à deux reprises de son immunité parlementaire après des propos qui avaient donné lieu à des poursuites en France.

Et en 1998, son père Jean-Marie Le Pen avait été visé par la même procédure après avoir déclaré que les chambres à gaz nazies étaient « un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».

AFP 02/07/2013 – 6H39