Egypte : Mohamed Morsi appelle au dialogue face à la montée des tensions

Photo/AFP. Le président égyptien Mohammed Morsi, le 15 juin au Caire.

Photo/AFP. Le président égyptien Mohammed Morsi, le 15 juin au Caire.

Le président islamiste égyptien a de nouveau appelé l’opposition au dialogue pour tenter d’atténuer les vives tensions politiques dans le pays à l’approche de manifestations prévues pour réclamer son départ.

« Comme je l’ai déjà dit, je presse chacun de s’asseoir pour discuter ensemble de ce que nous devons réaliser dans l’intérêt du pays », a déclaré Mohamed Morsi dans un entretien paru dans le journal gouvernemental Akhkar al-Youm de samedi.

Cet entretien est publié au lendemain d’une manifestation qui a rassemblé au Caire des dizaines de milliers de partisans de M. Morsi, venus pour une démonstration de force avant les rassemblements de l’opposition.

Une campagne anti-Morsi intitulée Tamarod (rébellion, en arabe) appelle à manifester en masse devant le palais présidentiel le 30 juin, premier anniversaire de l’investiture du chef de l’Etat, pour réclamer sa démission et une élection présidentielle anticipée.

Les adversaires de M. Morsi dénoncent la volonté du mouvement dont il est issu, les Frères musulmans, de contrôler tous les leviers du pays et de chercher à imposer son idéologie islamiste à la société. M. Morsi est également accusé de ne pas parvenir à sortir le pays de la grave crise économique qu’il traverse.

Ses partisans en revanche soulignent qu’il dispose d’une légitimité acquise par un vote démocratique, et accusent l’opposition de faire de jeu de la « contre-révolution » en cherchant à le renverser par la rue et à l’empêcher de remplacer certains officiels accusés d’être issus de l’ère Moubarak.

L’arrivée au pouvoir de M. Morsi a mis fin à la période de transition sous direction militaire qui a suivi la chute en février 2011 du régime de Hosni Moubarak, poussé au départ par une révolte populaire.

Dans son entretien, M. Morsi promet d’oeuvrer à la tenue rapide d’élections législatives, prévues en principe avant la fin de l’année mais dont la date exacte n’est toujours pas connue.

La campagne Tamarod affirme avoir recueilli 15 millions de signatures de personnes réclamant le départ de M. Morsi.

AFP 22/06/2013 – 12H35