Israël : Campagne passionnelle chez les Français de l’étranger

Gil Taïeb, indépendant centre-droit, candidat au poste de député des Français de l'étranger. Mai 2012.

Appelés à voter pour la première fois aux législatives françaises, les électeurs franco-israéliens de la 8e circonscription des Français de l’étranger sont sollicités par des candidats dont les favoris se présentent tous comme des inconditionnels d’Israël.

La campagne, qui depuis des mois a pris un tour très passionnel, est menée tous azimuts, aussi bien sur le front des réseaux sociaux que de façon plus traditionnelle, lors de réunions publiques à travers le pays.

Israël fait partie d’une circonscription qui comprend l’Italie, la Grèce, la Turquie, Chypre, Malte, San Marin, le Saint-Siège et les Territoires palestiniens (mêmes s’ils ne sont pas officiellement mentionnés).

Selon les chiffres officiels, près de 110.000 électeurs sont inscrits sur les listes de ces pays, dont 62.000 en Israël et dans les Territoires palestiniens.

À la présidentielle, Nicolas Sarkozy a été plébiscité par les Franco-Israéliens avec un score de 92% au second tour contre le vainqueur socialiste François Hollande.

Daphna Poznanski, la candidate socialiste, qui vit à Tel Aviv, espère malgré tout l’emporter notamment face à Valérie Hoffenberg, qui s’est fixée comme objectif « de renforcer le camp des amis d’Israël à l’UMP ».

Mme Hoffenberg affirme vouloir « être une députée qui défendra et fera aimer Israël ».

Elle est toutefois contestée sur sa droite. Elle est notamment la cible d’attaques virulentes de la part de Philippe Karsenty, maire-adjoint de Neuilly-sur-Seine, qui la qualifie de « candidate communautaire ».

Parmi les autres candidats figure Gil Taïeb, personnalité de la communauté juive parisienne et candidat indépendant, qui se prévaut sur son site de campagne du soutien du vice-Premier ministre Shaoul Mofaz et dirigeant de Kadima, un parti centriste israélien.

« Je dis aux Franco-Israéliens que c’est une chance de voir, par la légitimité que donne le scrutin populaire, un véritable soutien d’Israël entrer à l’Assemblée nationale », affirme ce dentiste parisien.

« Très bien reçu »

Malgré leurs visites dans les autres pays de la circonscription, la plupart des candidats ciblent d’ailleurs leurs efforts sur les Franco-Israéliens.

Dans ce combat, Mme Poznanski – qui souligne qu’elle est « candidate à l’Assemblée nationale et pas à la Knesset » (Parlement israélien) – revendique « la défense des Français de l’étranger depuis 20 ans » en tant que déléguée de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) en Israël.

Soucieux de rallier les électeurs résidant dans les autres pays, tous les candidats ne manquent toutefois pas de se flatter du soutien qu’ils affirment recevoir en Italie, en Grèce ou en Turquie.

« Je suis très bien reçu dans l’ensemble des pays de la circonscription. L’expérience de combats difficiles, politiques et médiatiques que j’ai gagnés à force de ténacité encourage les électeurs à me suivre », explique M. Karsenty à l’AFP.

Il fait notamment allusion à sa campagne contre la chaîne France 2 et son correspondant en Israël, Charles Enderlin, qu’il accuse d’avoir mis en scène le reportage durant lequel un enfant palestinien, Mohamed Al-Dura, a été tué durant un échange de tirs entre soldats israéliens et Palestiniens dans la bande de Gaza en septembre 2000.

De son coté, Mme Hoffenberg rappelle qu’elle a « une équipe de campagne locale dans chaque pays », tandis que Daphna Poznanski insiste sur sa « lutte contre les projets de l’UMP visant la perte de la binationalité », une question qui touche l’ensemble des électeurs de la circonscription.

Les « petits candidats » tentent aussi de viser le public des Franco-Israéliens, comme Pierre Jestin (EELV), qui confie à l’AFP « avoir vécu une expérience merveilleuse » lors de son séjour en kibboutz en Israël dans les années 1990, ou Corine Rouffi du Parti radical de gauche (PRG), qui rappelle avoir vécu dix ans en Israël avant de devoir retourner vivre en France.

AFP 25/05/2012